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Comment combattre le blues des Fêtes?

Des arbres dénudés de leurs feuilles, un ciel de plus en plus sombre, le froid qui s’installe ne laissant plus aucune trace de la période estivale: le mois de novembre marque le début de ce que nous pouvons considérer comme la période la plus difficile pour la plupart des immigrants.

Les souvent macabres décorations d’Halloween sont vite remplacées par toutes sortes d’objets verts et rouges et nous voyons partout la face d’un bonhomme à barbe blanche vêtu en rouge qui nous incite à la consommation irréfléchie… Ainsi, une période qui est supposée symboliser l’espoir, la renaissance, la joie (il s’agit quand même de l’anniversaire de naissance de Jésus!), devient tout à coup une période de stress, de dépenses, d’excès, le tout teinté d’une nostalgie accablante: «Si au moins je pouvais rentrer au pays pour passer les Fêtes auprès des miens….» Voici une phrase trop souvent évoquée dans la communauté immigrante. Pour ceux qui n’ont pas cette possibilité, voici quelques petits trucs qui aident à surmonter le «blues du temps des Fêtes».

Une période de bilans

La nostalgie trouve difficilement un terrain fertile chez ceux qui maintiennent un rythme de vie actif. (Photo: LIC)
L’approche de la fin de l’année devient souvent une période de bilans. Il est donc important de mettre l’emphase sur les acquis, les petites réussites et de se fixer des objectifs plus réalistes pour l’année à venir. Arrêtons de vouloir justifier à tout prix la décision d’immigrer (pour ceux qui l’ont décidé), de comparer notre vie «avant» et «après» et surtout, de vouloir évaluer ce qui se passe ici avec les mesures d’ailleurs (et vice-versa). Tout cela ne nous aide pas du tout à avancer et, au contraire, nous fait plonger dans une spirale infinie d’insatisfactions et de regrets. Les bilans sont efficaces à partir du moment où nous les utilisons pour apprendre de nos erreurs et pour rediriger nos actions vers nos propres objectifs (et non pas en fonction des attentes des autres).

Repartir «à neuf» dans nos relations

Peu importe l’appartenance religieuse, une bonne idée sera de se concentrer sur l’essentiel, sur les choses importantes et ne pas se laisser emporter par la frénésie environnante. En effet, immigrants ou Québécois, chrétiens, juifs, musulmans, athées ou autres, nous sommes tous plus ou moins affectés ou accaparés par les échéances de fin d’année, les centres d’achats bondés, la course aux cadeaux et aux soldes de fin d’année. Revenir à l’essentiel, c’est profiter de cette période pour consolider les amitiés, régler les conflits et repartir «à neuf» dans nos relations.

Entretenir des relations positives avec notre pays d’origine

Durant cette période, quand nous sommes le plus portés à nous ennuyer de nos êtres les plus chers restés au pays, il est important de maintenir une communication fréquente mais sur un ton positif et optimiste, histoire de ne pas nous déprimer davantage et les déprimer eux aussi au passage. La meilleure façon de réussir cela c’est d’avoir beaucoup de choses à partager: sortez, faites des activités différentes, découvrez de nouveaux coins, de nouveaux restaurants, allez patiner, faites de la raquette, marchez, peu importe, sortez et prenez beaucoup de photos. La famille et les amis au pays auront ainsi la sensation de pouvoir partager avec vous un petit peu de votre vie ici. De plus, cela vous permettra de vous «acclimater» plus rapidement. N’oubliez pas: la baisse d’énergie et la nostalgie trouvent difficilement un terrain fertile chez ceux qui maintiennent un rythme de vie actif.

Créer ses propres traditions

La nostalgie de la période des Fêtes se déclenche souvent lorsqu’on comprend que nous ne pourrons plus maintenir certaines traditions familiales. C’est alors le moment d’en créer des nouvelles ou d’adapter les plus importantes. Et surtout, ne restez pas seuls. Il y a plusieurs personnes qui se retrouvent dans la même situation, éloignées de leur pays et de leur famille. Rassemblez-vous, faites partager aux autres des traditions ou des mets de votre pays (et n’oubliez pas de prendre des photos pour les envoyer au pays!). Et si rien de tout cela ne fonctionne, dites-vous que l’année prochaine, vous allez avoir un emploi plus solide et plus payant que cette année et vos recherches de billets d’avion abordables seront plus fructueuses. L’année prochaine, ce sera peut-être enfin votre tour.

Paola Maria AKL MOANACK, Psychologue, spécialiste en psychologie interculturelle / Article publié dans le numéro de décembre 2009.