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Le Guide du nouvel arrivant

Comment acheter intelligemment une voiture au Québec?

Après l’achat d’une maison, une voiture est la deuxième acquisition d’importance (en achat ou location à long terme), et ce, qu’on soit immigrant ou Québécois «pure laine». Dans ce numéro, nous vous offrons une série de conseils utiles concernant l’achat d’une voiture neuve ou d’occasion chez un concessionnaire.

La voiture parfaite n’existe pas

Vous devez savoir que même si les voitures neuves ou usagées d’aujourd’hui sont incomparablement plus rapides, plus sécuritaires et plus confortables que celles de nos parents, même en 2009 la voiture parfaite n’existe pas. Ou si elle existait elle coûterait une fortune. Autrement dit, vous ne pouvez pas avoir réunis dans une même voiture la consommation d’essence très basse de la Prius, de la Yaris ou de la Fit, le tableau de bord avant-gardiste et l’espace généreux de la nouvelle Honda Civic, les accélérations et la tenue de route exceptionnelle de la Mazda 3 ou les sièges confortables (selon plusieurs chroniqueurs) d’une Nissan Versa. Malgré tout, vous pouvez trouver une bonne partie de ces points forts dans le même véhicule. Cependant, chacun possède ses défauts et ses inconvénients. Pour en arriver à un compromis raisonnable et pour ne pas vous mordre les doigts à la suite d’un achat coup de tête ou coup de foudre, nous vous conseillons fortement de faire tout ce que vous pouvez pour conduire la voiture ciblée beaucoup plus longtemps que les classiques 15 ou 20 minutes accordées d’habitude par les concessionnaires et pendant lesquelles vous êtes souvent accompagné du vendeur.

Avant d’acheter ou de louer à long terme, prenez le temps de comparer... (Photo: LIC)

En 15 minutes on ne voit presque rien…

Les spécialistes de la collection «Protégez-vous» conseillent par exemple aux futurs acheteurs d’automobiles (neuves ou usagées) de demander au moins deux essais routiers, dont un le jour et un autre le soir. Le concessionnaire ne peut pas vous refuser une telle demande. Ou si c’est le cas, allez ailleurs. De cette façon vous pourrez par exemple observer et évaluer non seulement les réactions du moteur, les angles morts, le confort des sièges, les freinages, les accélérations lors des dépassements, mais aussi l’éclairage intérieur du véhicule et l’efficacité des phares et des lumières clignotantes.

Conduisez quelques jours la voiture ciblée!

Après avoir obtenu les deux essais routiers le jour et le soir, ne vous en contentez pas. Comme vous êtes aussi à la recherche d’un bon prix, vous pouvez obtenir un nouvel essai routier chez un autre concessionnaire. De plus, comme vous allez devenir en quelque sorte «prisonnier» du bail de location ou d’achat à tempérament («casser» un bail de ce genre n’est pas chose facile et signifie souvent une sérieuse perte d’argent), nous vous recommandons de faire un investissement pour vous et pour votre famille en louant à très court terme (de 3 à 7 jours) une voiture identique.

Par exemple, chez Entreprise location, qui possède plusieurs succursales à Québec, il vous coûtera entre environ 30 $ par jour (si vous avez déjà une police assurance qui couvre la location) et 60 dollars par jour avec l’assurance incluse (ce qui devient assez cher). C’est beaucoup moins cher la fin de semaine. Même si théoriquement on ne vous assure pas la marque désirée, en insistant et avec un peu de chance, si elles possèdent la marque et le modèle visés (ce n’est pas toujours le cas), les compagnies de location à court terme vont finir par vous «accommoder». Nous l’avons essayé et ça marche...

Après avoir parcouru quelques centaines de kilomètres en tant que locataire à très court terme, vous vous rendrez compte si le véhicule consomme de façon exagérée, si vous avez les jambes engourdies après une heure au volant, si vos enfants se plaignent de ne pas avoir assez d’espace en arrière, si l’éclairage trop rouge du tableau de bord finit par devenir irritant. Votre douce moitié vous dira si elle a le même confort que vous en conduisant le véhicule, si les vents latéraux déséquilibrent sérieusement la voiture, si le coffre est trop petit pour vos besoins, s’il y a trop d’angles morts ou bien si vous frappez constamment le plafond ou la colonne de direction quand vous freinez. Vous vous rendrez compte si le moteur s’emballe trop à 100 km/h ou encore si les pneus glissent comme des patins sur la moindre flaque d’eau. Vous aurez le luxe de peser les pour et les contre et vous pourrez faire un choix éclairé avec beaucoup moins de surprises par la suite.

De plus, même si leur avis peut s’avérer parfois subjectif, nous vous conseillons fortement de lire sur Internet les chroniques des journalistes spécialisés (traitant de la voiture choisie).

Toujours avant de signer…

Vous avez terminé les tests routiers de quelques jours et vous êtes sûr que la voiture répond bien à la plupart de vos exigences. Vous êtes maintenant prêt pour faire votre demande officielle de crédit. Ne faites pas des demandes de crédit à droite et à gauche chez des concessionnaires en compétition car vous risquez de gâcher votre historique de crédit.

Le vendeur pourrait vous proposer de faire la demande de crédit très rapidement, dès la première visite après le petit test routier d’un quart d’heure, car son intérêt est souvent de vendre vite et avec un maximum de profit. Il faut éviter de tomber dans ce piège, enivré par l’odeur de la voiture neuve... N’oubliez pas aussi d’appeler plusieurs assureurs pour avoir le meilleur prix possible pour l’assurance de la voiture choisie. Pensez aussi à vérifier avec eux le prix de la garantie «valeur à neuf» parce qu’on vous proposera sûrement le même produit chez le concessionnaire.

Le ballet de la négociation

Vous êtes de retour chez le concessionnaire qui vous a fait la meilleure offre ou qui vous a traité avec beaucoup de respect. Le ballet de la négociation commence… Pour obtenir votre prix final, négociez de façon ferme tout en restant poli et respectueux. Sachez que le vendeur vous dira toujours que sa marge de manœuvre est nulle ou presque. La réalité est la plupart du temps tout autre. Faites-lui une offre si la sienne ne vous convient pas. Si votre demande dépasse ses limites, il va aller «travailler pour vous» (expression typique de vendeur d’autos qui n’a pas changé depuis des années à Québec) auprès de son directeur des ventes. Parfois, il va faire semblant de parler au directeur des ventes. Cela fait partie de ces jeux de la négociation qui ne doivent pas vous intimider.

Ouvrez les yeux devant les chiffres

S’il s’agit d’une voiture neuve, informez-vous à l’avance sur Internet du prix recommandé par le manufacturier (PDSF), les rabais offerts et les taux d’intérêt en vigueur (ils changent chaque mois). La revue «Protégez-vous» a dénoncé récemment dans une des ses éditions spéciales un faux 0 % d’intérêt véhiculé par la compagnie GM qui correspondait selon un de ses collaborateurs à 10 % d’intérêt.

Parfois, on peut vous présenter un alléchant rabais qui est en fait annulé par un taux d’intérêt trop grand. On peut même vous vendre de force des accessoires qui sont en option… «car la voiture arrive avec de l’usine…». Il faut venir chez le concessionnaire muni de sa calculatrice personnelle pour confronter les chiffres. C’est rare, mais certains vendeurs de voitures peuvent gonfler de façon injustifiée le prix de départ en vous donnant l’illusion d’un «formidable» escompte. Une ancienne pratique est celle de «gonfler» le prix de la voiture neuve avec le prix qu’on vous offre pour votre voiture d’échange. Un regard attentif peut vous tenir loin d’une telle «figuration» de prix.

Ne signez pas… les yeux fermés!

Ne signez pas sans lire intégralement le contrat et ses petits caractères. Sinon, vous pouvez avoir de mauvaises surprises. Au besoin, prenez une heure ou deux pour lire calmement le contrat dans la salle d’attente. Rappelez-vous que vous n’êtes pas en train d’acheter un coussin à 10 $ chez Canadian Tire que vous pourrez retourner le lendemain ou trois semaines plus tard si ce n’est pas à votre goût, mais un bien qui va vous coûter en moyenne 7000 $ par année (essence et assurance incluses) pendant les quatre ou cinq prochaines années.

Posez toutes les questions

Ne soyez pas gêné devant le vendeur ou (à la fin) devant le directeur des ventes. Posez toutes vos questions même avec le risque de l’irriter. Un bon vendeur d’autos ne doit pas s’énerver si on le bombarde de questions. Il est là pour vous répondre. N’oubliez pas que le «conseiller» que vous allez rencontrer est embauché pour vendre des autos et non pour vous donner de bons conseils d’ami. Il n’a que rarement un salaire de base. Sa paie finale dépend de la commission obtenue pour la vente.

Bonne chance et bonne route!

Posez vos questions avant de signer quoi que ce soit (même le précontrat, car celui-ci prévoit des pénalités en cas de désistement de la part de l’acheteur). Vous avez toujours le choix d’aller ailleurs si votre vendeur ne fait pas preuve de transparence totale, s’il vous presse de signer «maintenant» car (n’est-ce pas?) «c’est la dernière voiture qui nous reste». Mais vous pourriez être chanceux et tomber sur un vendeur qui vous offre une bonne expérience d’achat. Dans la région de Québec, de plus en plus de vendeurs essaient de se démarquer par l’honnêteté, conscients que ce métier ne jouit pas d’une grande confiance aux yeux de nombreux Québécois qui se sont fait tout bonnement voler en essayant d’acheter une voiture.

Bonne chance dans le choix de votre première ou deuxième voiture à Québec et surtout bonne route!

Mihai Claudiu CRISTEA / Article publié dans le numéro de juillet 2009.