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En amour avec la ville de Québec depuis 50 ans

Emilio Colarusso ou le succès à saveur italienne

À l’âge de 24 ans, Emilio Colarusso a quitté la petite commune de Pietradefusi, dans la province d’Avellino, au sud de l’Italie, pour construire sa vie au Canada. Le jeune Emilio arrive à Montréal en 1950 sans savoir un seul mot de français. Neuf ans plus tard, il quitte Montréal pour vivre à Québec, ville qu’il n’a jamais quittée depuis. Aujourd’hui, après avoir vécu 50 ans ici, il adore Québec, ville où il a pleinement réussi sa vie d’immigrant.

«La meilleure place au monde pour habiter, c’est Québec! On a tout ici, il ne manque rien!». Ce sont les propos d’Emilio Colarusso, un Italien qui connait la capitale comme très peu d’immigrants la connaissent. Emilio Colarusso célèbre cette année avec sa famille les 50 ans d’un repère de la gastronomie qu’il a fondé à Québec, l’Épicerie Européenne.

Neuf ans à Montréal

La recette du succès d’Emilio Colarusso? Le travail, l’enthousiasme et la persévérance. (Photo: D. Milazzo)
Avant d’ouvrir son épicerie, Emilio Colarusso a vécu neuf ans à Montréal où il est passé par toutes sortes d’emploi, de la restauration à la fabrication de lampes et de matelas... «Je faisais presque n’importe quoi comme travail. J’étais payé 40 ou 45 sous de l’heure», se souvient-il. En 1956, il a épousé Maria Azzuolo, Canadienne d’origine italienne avec qui il a eu quatre enfants: Francesco, Silvana, Marco et Gianni.

En 1959, Emilio a vu une opportunité de venir à Québec et de devenir son propre patron. Dans la métropole, il y avait déjà de nombreux restaurants avec une cuisine internationale. À Québec, ce n’était pas le cas à l’époque.

Un début difficile

Le 14 octobre 1959, l’Épicerie Européenne ouvrait ses portes. «À Québec, il n’y avait qu’un restaurant italien. J’aurais pu ouvrir un restaurant aussi, mais j’ai préféré ouvrir une épicerie», nous confie Emilio Colarusso.

La fidèle clientèle qui fréquente aujourd’hui l’épicerie de la rue St-Jean ne s’imagine pas que son fondateur a failli fermer l’établissement tout juste un an après son ouverture. «Au début, ça ne marchait pas du tout. Les gens ne venaient pas, parce qu’ils n’étaient pas habitués aux produits européens», raconte M. Colarusso. Cependant, c’est à partir de l’arrivée d’autres Italiens à Québec, venus surtout pour travailler dans le domaine de la construction civile, qu’il a commencé à avoir plus de clients et ainsi à augmenter ses ventes. «Peu à peu, les Québécois aussi ont commencé à venir plus souvent et à découvrir les produits d’ailleurs», se rappelle-t-il.

Cinq fois grand-père

Emilio Colarusso est cinq fois grand-père (Massimo, Sofia, François, Alessandro et Clément) et il a pris sa retraite il y a cinq ans. Actuellement, c’est Gianni, son plus jeune fils, qui est responsable de la gestion de l’épicerie. Claudine, la femme de Gianni, y travaille aussi. Emilio y va tout de même chaque jour. Pourtant, il nous avertit: «Je ne suis pas là à l’heure du dîner... je fais la siesta...». Selon lui, la recette de son succès est simple: le travail et la persévérance. Ce monsieur d’une vivacité extraordinaire fait remarquer qu’il travaillait souvent jusqu’à 14 heures par jour et une demi-journée les dimanches. Entre 1964 et 1980, il allait deux fois par semaine à Montréal pour remplir sa voiture de marchandises et les ramener à Québec. «Je suis fier d’avoir continué», souligne-t-il.

«Ah, si j’avais 25 ans de moins...»

Aujourd’hui, à l’âge de 83 ans, avec ses cheveux blancs et ses petits yeux bleus, Emilio Colarusso est un véritable cocktail de bonne humeur. Il exerce un étonnant magnétisme chez les femmes. «Ah, si j’avais 25 ans de moins...», soupire-t-il avant d’éclater de rire. Il Padrone n’hésite pas à préparer lui-même un café espresso à ses amis, juste pour le plaisir de bavarder et de s’amuser. D’ailleurs, personne ne peut échapper à l’enthousiasme de ce monsieur. Après le travail acharné et la persévérance, c’est son enthousiasme qui a rendu possible cette histoire à succès à saveur italienne au cœur de Québec.

Daniel MILAZZO / Article publié dans le numéro de septembre 2009.