Attaque terroriste à Strasbourg. Solidaires avec la France!
Le maire Régis Labeaume croit que cette rencontre réunissant des gens de confessions juive, musulmane, catholique et orthodoxe est l’exemple parfait du vivre-ensemble. (Photo: LIC)

Ensemble pour partager le deuil de la communauté juive de Québec

Le 4 novembre 2018, à la mairie de Québec, a eu lieu un touchant hommage aux victimes de la récente tuerie antisémite qui a eu lieu au États-Unis à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, en présence de 200 personnes, dont plusieurs dignitaires. L’événement a été organisé à l’initiative d’Unité Québec (qui regroupe la Congrégation Beth Israël Ohev Sholem, le Centre culturel islamique de Québec, l’Archidiocèse catholique de Québec, le Diocèse anglican de Québec) et de plusieurs citoyens.

Mihai Claudiu CRISTEA

Le Phare, mon grand espoir pour adoucir l’hiver à Québec

Qu’on soit immigrant ou non, la vie nous apprend qu’il existe peu de certitudes, en commençant par la réalisation des promesses des politiciens. Même si la CAQ l’a promis avant et pendant la campagne électorale, on ne sait pas si l’on va avoir un jour une vraie loi sur la laïcité. On ne sait pas non plus si le troisième lien entre Québec et Lévis, contesté par certains, soutenu par d’autres, sera un nouveau pont, un tunnel ou rien du tout, si les urgences des hôpitaux québécois réduiront leurs temps d’attente à 90 minutes ou si des remèdes contre le cancer ou la maladie d’Alzheimer seront découverts dans cinq, dix ou cinquante ans. Il y a autant d’incertitudes autour de nous, ici ou ailleurs, que ce qui nous sauve, c’est l’espoir. Celui dont on dit qu’il meurt toujours en dernier…

À Québec, une des rares certitudes avec lesquelles on vit, c’est l’hiver. Contrairement au printemps, qui se confond parfois avec l’été, l’hiver québécois ne manque jamais son rendez-vous. Cette année, il est arrivé dès la fin octobre au grand bonheur des fabricants, des vendeurs et des poseurs de pneus décorés du fameux flocon de neige.

Quand le froid, la neige et le vent mordent mes joues à Québec en novembre, en janvier ou en avril, je me dis invariablement que je me suis trompé de pays. Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas le seul immigrant qui pense comme cela. (…) L’inimitable chanteuse Flavia Nascimento, Québécoise d’origine brésilienne, me confiait en entrevue le 10 novembre dernier, durant la première vraie chute de neige de la saison à Québec, qu’elle ne s’y habitue toujours pas, même après 18 hivers au Québec. Je la soupçonne aussi d’être hantée par ce rêve impossible de vivre le jour où l’hiver québécois ne durera que deux ou trois mois.

Deux jours avant ma rencontre consolatrice avec Flavia, en sortant de la bibliothèque Monique-Corriveau de Sainte-Foy (une merveille réalisée par le regretté architecte montréalais d’origine roumaine Dan Hanganu sur la structure d’une ancienne église), je n’ai pas pu m’empêcher d’adresser quelques jurons en roumain au froid québécois arrivé trop tôt. Ensuite, subitement, j’ai eu une vision digne d’un film de science-fiction. Je me suis dit qu’en 2028, quand le futur Phare de Québec sera prêt, au 65e étage de ce plus haut gratte-ciel construit à l’est de Toronto, on pourrait installer une chaufferette phénoménale pour faire monter la température de la ville en hiver ou au moins un miroir géant pour lui donner quelques rayons de soleil lors des journées moroses. Je laisse aux spécialistes la tâche d’analyser si cela est faisable. Je m’encourage en me disant que chaque invention est partie d’une idée et que dans dix ans, ce qui semble aujourd’hui le rêve fou d’un immigrant qui n’aime pas l’hiver québécois pourrait faire… boule de neige. ( Mihai Claudiu CRISTEA)

Réfugiés et Québécois chantent ensemble dans un vidéoclip touchant !

Le 15 novembre 2018, la Faculté de musique de l’Université Laval nous a conviés à un événement hors de l’ordinaire: le lancement de la chanson et du vidéoclip «La langue de nos âmes». Cette création constitue l’aboutissement d’un projet de recherche et de médiation culturelle visant à réunir des Québécois et de nouveaux réfugiés autour de la musique. En plus de favoriser l’intégration sociale de ces derniers et leur bien-être psychologique, le projet a permis la création d’une œuvre collective intitulée «La langue de nos âmes». Il s’agit d’une chanson qui raconte le parcours d’intégration d’une dizaine de réfugiés venus de Syrie, du Congo et du Myanmar. Elle est un appel émouvant à l’inclusion, à l’ouverture et au partage, au-delà des différences ethniques, culturelles ou religieuses. Le tournage du vidéoclip a été réalisé à Québec.

Le projet de recherche «L’apport d’activités musicales interculturelles pratiquées en groupe sur l’intégration sociale et le bien-être psychologique de nouveaux réfugiés» est une initiative de Mme Maria Teresa Moreno, professeure à la Faculté de musique de l’Université Laval, originaire de Barcelone. Pour la réalisation de ce projet, Mme Moreno, qui est aussi coresponsable du Laboratoire de recherche en formation auditive et didactique instrumentale (LaRFADI) de la Faculté de musique de l’Université Laval, a obtenu une subvention 74 995 $ du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. (…) Le projet a réuni un groupe diversifié de dix personnes réfugiées vivant à Québec et un groupe de dix Québécois dans une série de dix ateliers de musique de deux heures, selon les intérêts musicaux des participants. L’équipe de Mme Maria Teresa Moreno a interviewé tous les participants avant et après la série d'ateliers lors d’entrevues semi-dirigées ainsi que neuf mois après la fin du projet. Selon les résultats préliminaires, la majorité des participants ont constaté que leur bien-être grandissait au fur et à mesure des activités et que leur stress diminuait. Plusieurs d’entre eux ont expliqué que l’activité les relaxait et qu’ils repartaient des rencontres énergisés et avec un sentiment positif. (…) La plupart des réfugiés ont affirmé que leur motivation principale était leur intérêt pour la musique. Cependant, tous ont affirmé que les activités partagées ont eu une influence positive sur leur intégration à Québec. Nombreux sont ceux qui ont expliqué que la participation au projet et le partage avec les Québécois leur ont permis une meilleure compréhension de la culture et surtout de la société québécoise, le groupe étant perçu comme une minisociété. La vidéo de la chanson «La langue de nos âmes», réalisée par le Collectif chantons ensemble, sera disponible prochainement sur YouTube et sur le site Web du LaRFADI. (Mihai Claudiu CRISTEA)
L'édition imprimée
no. 157, Novembre 2018
3 000 exemplaires. 20 pages.
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