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Les positions passées du Parti Québécois en matière d’immigration sont revenues teinter les échanges. (Photo: Jean Louis Bordeleau )

Le Parti Québécois de Taschereau à l’écoute du «vote ethnique»

Une trentaine d’immigrants étaient réunis le 17 avril dernier au Centre Lucien-Borne, à l’invitation du Parti Québécois de Taschereau et de la députée Agnès Maltais. La rencontre se voulait une ouverture du PQ aux préoccupations des communautés culturelles de Québec.

Les positions passées du Parti Québécois en matière d’immigration sont revenues teinter les échanges. La salve contre le «vote ethnique» prononcée par l’ex-premier ministre Jacques Parizeau le soir du référendum de 1995 a décidément laissé une trace dans l’esprit des Néo-Québécois. (Jean Louis BORDELEAU)

La souveraineté du Québec, avec les immigrants ou jamais!

Depuis au moins une dizaine d’années, la souveraineté du Québec est un rêve en panne. En panne d’idées et d’arguments pour convaincre les électeurs québécois de la pertinence de faire de la Belle Province un pays indépendant. La récente démission «pour des raisons familiales» du météorique chef du Parti Québécois Pierre Karl Péladeau ne fait qu’embrouiller encore plus le chemin vers ce rêve douloureux d’environ 40 % de la population québécoise, chiffre qui ne fait que baisser année après année selon les sondages.

En mars 2015, alors qu’il était candidat à la direction du Parti Québécois, M. Péladeau laissait entendre que la démographie et l’immigration pourraient nuire au projet de souveraineté. Une déclaration politiquement incorrecte qui lui a attiré de vives critiques non seulement de la part de ses adversaires politiques, mais aussi au sein du PQ. Le seul qui lui a donné raison publiquement a été le député péquiste Maka Kotto, lui-même immigrant. Cité par le Journal de Québec, M. Kotto se disait convaincu que le système actuel d’immigration est un «obstacle» au projet souverainiste, car le parcours suivi par les nouveaux arrivants leur inculque «de façon subliminale une notion d’appartenance au Canada, pas au Québec».

La malheureuse déclaration de Pierre Karl Péladeau est fondée sans doute sur une partie de vérité: en grande majorité, les immigrants sont contre la séparation du Québec. Plusieurs d’entre eux ont quitté des pays déchirés souvent de manière violente. Pensons juste à l’ex-Yougoslavie. Le mot «séparation» réveille en eux de mauvais souvenirs sinon des cauchemars. Cependant, comme je l’ai déjà écrit dans ce coin de page, l’échec référendaire de 1995 n’a pas été provoqué par «le vote ethnique» (pour citer le défunt premier ministre Jacques Parizeau), mais bien par le vote «pure laine», celui des Québécois qui ont eu peur de voter à 60 % ou à 70 % en faveur du OUI. (...)

Plus de 20 ans après le référendum de 1995, le visage du Québec a changé. Une partie de ceux qui ont voté pour la souveraineté cette année-là n’est même plus sur cette terre. Les jeunes Québécois, qui se sentent visiblement plus en sécurité dans un Canada uni que dans un Québec séparé, n’ont pas repris le flambeau fleurdelisé de leurs parents. La machine indépendantiste est essoufflée. (...)

À mon avis, aujourd’hui, le Parti Québécois et les autres partis souverainistes ne peuvent plus ignorer les immigrants. La souveraineté du Québec ne peut plus être faite juste par les Québécois «de souche». Si elle se fait un jour (même si j’en doute), il faut convaincre aussi les immigrants de la pertinence de l’indépendance. Elle se fera avec le «vote ethnique» ou jamais.

Mihai Claudiu CRISTEA

Un accueil exceptionnel pour 800 nouveaux arrivants de Québec au Centre Vidéotron

Près de 800 nouveaux arrivants de Québec, soit trois fois plus qu’en 2015, ont participé le 8 mai 2016 à la cérémonie annuelle d’accueil des nouveaux arrivants. Cette méga cérémonie a eu lieu en présence de M. Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, de M. François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, de M. Régis Labeaume, maire de Québec, et de M. Carl Viel, président-directeur général de Québec International. L’ambiance était à la fête alors que cette cérémonie traditionnelle annuelle avait lieu pour la toute première fois au Centre Vidéotron.

Un grand hall décoré de ballons, des rigodons, du patinage et de la tire sur la neige ont introduit les centaines de nouveaux arrivants à la culture québécoise. Plusieurs de ces immigrants n’étaient arrivés à Québec que depuis quelques semaines ou quelques mois. Des familles d’un peu partout dans le monde étaient présentes, du Brésil jusqu’à la Syrie en passant par toute l’Afrique. «On n’a jamais regroupé un si grand nombre, autant de migrants dans la même place», souligne Mme Chantal Gilbert, conseillère municipale et membre du comité exécutif responsable des communautés culturelles. Madame Gilbert juge que cette fête aide grandement les immigrants qui arrivent assez fréquemment à Québec «sans repère». «Ils demandent juste ça, qu’on les prenne par la main et qu’on leur dise venez voir comment on fait pour avoir des services de la Ville».

De nombreux kiosques d’information et de divertissement étaient installés dans les allées de l’amphithéâtre. Police, pompiers, bibliothèques, centres de formation, organismes d’intégration comme le Centre R.I.R.E 2000 et d’autres services municipaux expliquaient aux adultes le mode de fonctionnement de la société québécoise. Le bonhomme Carnaval, des maquilleurs et des clowns amusaient quant à eux les enfants qui avaient de grandes places où courir. «On est très heureux qu’ils soient ici. Il faut qu’ils se sentent à l’aise», a déclaré le maire Labeaume dans un entretien avec les médias.

La cérémonie s’est tenue dans l’aréna inauguré en septembre dernier, plutôt qu’à l’hôtel de ville comme à l’habitude, notamment à cause du succès de plus en plus grand l’activité. «Ça commence à faire du monde. Je pense que c’est un beau cadeau de leur faire visiter l’amphithéâtre. Je suis certain qu’ils sont plus heureux ici qu’ailleurs. C’est quand même plaisant», expose le maire de Québec Régis Labeaume, présent avec des représentants des instances provinciales et fédérales.

Jean Louis BORDELEAU
L'édition imprimée
no. 127, Mai 2016
3 000 exemplaires. 20 pages.
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