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Malgré la controverse, la voix de la chanteuse Catalina Mirica a fait briller les yeux de nombreux Roumains de Québec. (Photo: LIC)

Doit-on chanter l’hymne «Ô Canada» à la fête de notre pays d’origine?

Le 1er décembre 2018, le Consulat honoraire de Roumanie à Québec et la Communauté roumaine de Québec ont souligné la fête nationale de la Roumanie par une soirée spéciale organisée dans Limoilou. Cependant, sans aucune explication, la soirée a été ouverte par l’hymne national du Canada, suivi de l’hymne roumain, ce qui a provoqué un profond malaise parmi plusieurs Roumains présents à l’événement. Les deux hymnes ont été interprétés par la chanteuse d’origine roumaine Catalina Mirica (photo), qui dit avoir exécuté ce qu’on lui avait demandé. (M.C. CRISTEA)

«Ô Canada» et les dérapages du politiquement correct

Le 1er décembre 2018, jour de la fête nationale de mon pays d’origine, le Consulat honoraire de Roumanie à Québec et la Communauté roumaine de Québec (CRQ) m’ont offert une des plus amères soirées de toute ma vie d’immigrant. C’était sans doute un «exploit» involontaire, mais le résultat est le même, pour moi et pour d’autres Roumains de Québec qui ont choisi de fêter les 100 ans de leur mère patrie au Domaine Maizerets dans Limoilou. (…)

Je lève mon chapeau devant les efforts des organisateurs et de tous ceux qui ont rendu possible encore cette année un tel événement à près de 9 000 km de la Roumanie. (…) Cependant, je me suis presque étouffé de stupéfaction quand, dans un décorum dominé par le rouge-jaune-bleu (les couleurs nationales de mon pays natal), le 1er décembre et non le 1er juillet, j’ai dû entendre à l’ouverture de la soirée, en premier et sans aucune explication, l’hymne national du Canada, suivi de l’hymne national roumain. Les deux ont été interprétés par la chanteuse québécoise d’origine roumaine Catalina Mirica, qui dit avoir exécuté ce qu’on lui avait demandé.

Ce surprenant «Ô Canada» qui a ouvert la soirée de la fête nationale de la Roumanie à Québec a choqué également plusieurs compatriotes roumains présents. D’ailleurs, jusqu’à cette année, à l’occasion de leur fête nationale, les Roumains (comme la majorité des communautés immigrantes de Québec) se sont toujours limités à l’hymne du pays d’origine. Selon le président de la CRQ, M. Danut Radulescu, ce changement de cap (avec lequel il admet avoir été d’accord sans sourciller) a été l’idée du consul honoraire de Roumanie à Québec, M. Sorin-Paul Pescarus. Le choix M. Pescarus m’a pris par surprise et m’a terriblement déçu. Figure incontournable de la communauté roumaine de Québec, il ne peut certainement pas être soupçonné de manque de patriotisme envers la Roumanie. Au contraire même. Il fallait l’entendre tout récemment sur les ondes de Radio Canada parlant passionnément de son pays d’origine et de la communauté roumaine de Québec pour comprendre que le consul honoraire de Roumanie à Québec a tout simplement dérapé (consciemment ou non) vers le politiquement correct ambiant en minimisant l’impact émotionnel de son choix sur ses compatriotes d’origine roumaine.

Je refuse de croire que le ministre fédéral Jean-Yves Duclos, présent à la fête nationale de la Roumanie à Québec et qui a fait l’effort de dire quelques mots en roumain, aurait souhaité entendre le «Ô Canada» avant l’hymne national roumain si ce choix pouvait blesser le cœur d’une partie des participants d’origine roumaine.

J’ai l’impression que M. Sorin Paul-Pescarus, qui a tenté de me convaincre qu’on ne peut pas faire jouer ou chanter en sol canadien l’hymne d’un pays étranger sans faire jouer ou chanter l’hymne national canadien, a voulu être plus catholique que le Pape. En réalité (vérification faite), aucune loi canadienne n’exige une telle obligation. Les organisateurs ont le choix de le faire ou non. Or, j’estime que chanter en premier l’hymne national du Canada le jour de la fête nationale de la Roumanie à Québec était une erreur.

Mihai Claudiu CRISTEA

Le courage de revenir sur les bancs de l’école pour trouver le bonheur à Québec

À peu d’exceptions, la non-reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger et des compétences acquises hors Québec et hors Canada met encore de nombreux immigrants devant l’obligation de changer de carrière et de revenir souvent sur les bancs d’école. Heureusement, depuis quelques années certains cégeps et centres de formation de la région de Québec ont bien saisi l’importance grandissante de la clientèle immigrante dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre et offrent des programmes de formation de courte durée adaptés aux étudiants issus de l’immigration. (…)

Maman d’un petit garçon de six mois (qui dormait dans sa poussette pendant l’entrevue) et d’une fille de dix ans, Fabiana Da Silva Souza Grande est originaire du Brésil où elle travaillait comme infirmière. Elle est arrivée à Québec en 2015 et a suivi le programme «Intégration à la profession infirmière du Québec» au Cégep Limoilou. «Malgré mes six ans d’expérience comme infirmière au Brésil, il fallait suivre cette formation pour comprendre la façon de travailler dans mon métier au Québec. C’est d’ailleurs une exigence de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Mais cette exigence est justifiée», nous explique Fabiana.

Avant de suivre son programme de formation au Cégep Limoilou, Mme Da Silva Souza Grande travaillait comme préposée aux bénéficiaires à l’Hôpital Jeffery Hale de Québec. «J’ai commencé le programme en février 2016 et en octobre 2016, peu après la fin de la formation, l’Hôpital Jeffery Hale m’a donné l’opportunité de travailler comme candidate à l’exercice de la profession infirmière (CEPI)», raconte-t-elle. Depuis un an, après avoir réussi le très difficile examen de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, la jeune Brésilienne travaille comme infirmière clinicienne, toujours à Jeffery Hale. (…)

Originaire de Moldavie, Ilie Gheorghita est arrivé à Québec en 2015. Ilie est détenteur de deux AEC obtenues au Cégep Garneau (Gestion du transport et logistique ainsi que Gestion des stocks). «J’avais déjà une formation universitaire en transport et logistique dans mon pays d’origine, mais mon but était de chercher un diplôme québécois. Et finalement j’en ai eu deux. Je voulais avoir une mise à jour de mes connaissances», nous confie-t-il avec un étonnant accent québécois. Durant ses deux programmes de formation, M. Gheorghita a reçu trois bourses, dont une bourse d’excellence à la formation continue accordée par la Fondation du Cégep Garneau. Il se dit convaincu que son choix de retourner sur les bancs de l’école à Québec a été déterminant pour son embauche en avril 2018 comme technicien aux nomenclatures pour le Groupe Labrie Enviroquip à Lévis, un fabricant de premier rang d’équipements destinés à l’industrie de la gestion des déchets solides en Amérique du Nord.

«On réussit grâce à l’audace et parce qu’on accepte le changement majeur qu’est l’immigration. J’ai éliminé d’emblée l’option du retour en Moldavie. Pour moi, l’échec au Québec n’existait pas comme option. Ma philosophie, c’est que même si on ne réussit pas à la hauteur de nos attentes, on a quand même toujours des choses à apprendre», nous a confié M. Gheorghita.

Mihai Claudiu CRISTEA
L'édition imprimée
no. 158, Janvier 2019
3 000 exemplaires. 24 pages.
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