Solidaires avec la Saskatchewan!
«En regardant les enfants de toutes origines que nous accueillons, je suis très confiante», affirme Caroline Bisson, coordonnatrice du secteur enfance et famille au Patro Laval (à gauche sur la photo). (Photo: LIC)

Quel avenir pour nos enfants qui grandissent à Québec?

Nous laissons derrière nous nos vies, nos proches, nos amis, mais aussi des dictatures, des villes dangereuses et des conflits armés. Nous faisons cela souvent pour donner à nos enfants une vie plus facile que la nôtre. Mais est-ce qu’ils devront expliquer eux aussi la «raison» de leur couleur de peau, de leur nom «pas facile» ou de leur «petit» accent? Vivront-ils moins de discrimination que nous? Au Patro Laval, véritable carrefour de la diversité enfantine à Québec, l’équipe est très optimiste. (Mihai Claudiu CRISTEA)

Un an après l’attentat de Québec, l’espoir d’un VRAI dialogue

L’attentat terroriste du 29 janvier 2017 a provoqué non seulement une indescriptible souffrance pour les proches des victimes qui ont perdu la vie ou qui ont failli la perdre sous les balles d’Alexandre Bissonnette, mais aussi l’occasion d’une grande remise en question des rapports de la société d’accueil avec les musulmans de Québec et avec l’islam en général.

Après des années d’attentats terroristes commis à sens unique au nom de l’islam et ciblant principalement les Occidentaux, l’attentat de la Grande Mosquée de Québec a changé la donne. Comme je l’écrivais dans notre édition de février dernier pour introduire le point de vue rassembleur de M. Raza Shah, imam de la communauté musulmane Ahmadiyya de Québec, un an après l’attentat, nous nous trouvons au début d’un dialogue nourri par le sang des morts et des blessés. Mais force est d’admettre que jusqu’à l’attentat de Québec, les réactions populaires en sol québécois après les attentats de Paris, de Bruxelles, de Nice, de Berlin, de Stockholm, de Londres ou de Barcelone se sont limitées presque uniquement à des condamnations de circonstance. Je pense ici aux rassemblements de solidarité et contre la violence, mais aussi contre «les amalgames», afin d’éviter la démonisation en bloc de la religion islamique et des musulmans suite aux dérives de quelques fous d’Allah. (…)

Dans les discours de plusieurs membres de la communauté musulmane de Québec, prononcés durant les quatre jours de commémoration en janvier dernier, deux idées sont revenues systématiquement: la nécessité du dialogue avec la société d’accueil et la multiplication des rencontres pour «vaincre l’ignorance». (…)

Le vrai défi, c’est de passer des paroles aux actes et de préparer ces rencontres dans le plus grand esprit d’ouverture. De plus, la question qui se pose est: va-t on assister à un vrai dialogue? Dans ma perception, «vrai» signifie le contraire du «politiquement correct» pratiqué à outrance par la majorité de nos politiciens québécois et canadiens. D’ailleurs, à cause de l’attentat terroriste du 29 janvier 2017, il existe (même pour les citoyens ordinaires) le risque d’une aseptisation du discours critique envers l’islam par l’autocensure. À l’opposé, un vrai dialogue incluant des critiques ne devrait pas ressembler à un déluge d’accusations furibondes alimentées par ses propres convictions, préjugés ou allergies envers tout ce qui signifie religion, islam et croyance en Dieu.

Dans l’autre camp, où on prône la nécessité de réaliser ces rencontres interculturelles, on devrait accepter de répondre avec calme et franchise à toutes les questions et les opinions critiques. Il ne faut pas crier à l’islamophobie après chaque questionnement qui touche des sujets sensibles ou inconfortables tels que le hijab, le tchador, le niqab, le burkini ou la soumission des femmes dans l’islam.

Mihai Claudiu CRISTEA

Recherche d’emploi – des pièges à éviter et des obstacles à contourner

Nombreux sont les immigrants qui arrivent à Québec et qui commencent leur recherche d’emploi rapidement, pressés de trouver un travail et inquiets de voir leurs économies fondre à vue d’œil. Afin de trouver un emploi qui vous convient vraiment, il y a certains pièges à éviter et des obstacles à contourner. Voici quelques exemples tirés de situations réelles de clients rencontrés.

Un emploi temporaire… permanent? Dès son arrivée, Adriana, une graphiste colombienne, s’est fait proposer un emploi comme adjointe administrative, étant donné ses compétences en informatique. Cela fait maintenant trois ans qu’elle occupe ce poste: elle ne se réalise pas et est déprimée, son domaine lui manque, mais elle est habituée à recevoir un bon salaire et n’a pas envie de quitter l’entreprise pour chercher à nouveau un emploi. De plus, comme cela fait maintenant plusieurs années qu’elle n’a pas travaillé dans son domaine, ses compétences ne sont plus à jour.

Occuper un emploi «alimentaire» ou temporaire est une belle solution à l’arrivée: cela donne une expérience québécoise et des références, permet d’agrandir son réseau social et de contacts professionnels, de pratiquer le français québécois en plus de compter plusieurs autres avantages. Mais attention, exercer trop longtemps un tel emploi et négliger votre recherche d’emploi dans votre domaine de compétences ne vous rendra pas service. Gardez en tête votre objectif professionnel!

Jean-Paul, un banquier ivoirien, s’est fait conseiller par des amis de suivre une formation de préposé aux bénéficiaires. On lui a dit que la formation est rapide et qu’il y a beaucoup d’emplois dans ce domaine: ce sera un bon travail en attendant. Attention, il faut demeurer vigilant: est-ce que ces conseils sont pertinents pour votre situation personnelle?

Les personnes de votre communauté d’appartenance peuvent vous apporter beaucoup d’informations, de soutien et de réconfort. Cependant, chaque trajectoire est différente et unique: ce n’est pas parce que d’autres ont réussi ou échoué en prenant cette voie que le résultat sera identique pour vous. L’emploi temporaire mal ciblé est l’un des pièges les plus courants en recherche d’emploi, alors demandez-vous quelle est la meilleure option pour vous.

Mounir possède dix ans d’expérience en informatique au Maroc. Dès la première semaine de son arrivée, il envoie des dizaines de candidatures pour différents types de postes, se disant que sa polyvalence est un atout; il peut faire tout et n’importe quoi, il est prêt et motivé à travailler.

En présentant des candidatures de cette façon, il risque de projeter une mauvaise image dans les entreprises. Au Québec, les employeurs ont tendance à penser que quelqu’un qui sait tout faire sait tout faire… à moitié!

Anaïs NADEAU, conseillère auprès des personnes immigrantes, Option-travail
L'édition imprimée
no. 149, Mars 2018
3 000 exemplaires. 20 pages.
Disponible dès maintenant.
Voir les points de distribution