Solidaires avec Londres! Solidaires avec Saint-Pétersbourg! Solidaires avec Stockholm !
Mamie Pipo, Denis Breton et Faustin Pipo, un jumelage interculturel réussi basé sur le principe de l’échange de services. (Photo: LIC)

QUÉBÉCOIS et IMMIGRANTS, sur la même tige de bambou…

Le 8 avril dernier, à l’Accorderie, le coordonnateur du projet «Cultures au cœur», M. Denis Breton (au centre de la photo), a semé une graine de plus pour faire de Québec une meilleure terre d’accueil pour les immigrants.

Une quinzaine de participants de plusieurs origines se sont réunis pour mieux se connaître et pour rendre possibles des jumelages interculturels sous le slogan «Se jumeler, c’est jardiner avec le cœur». Le symbole de rappel pour les jumeaux et les jumelles est une tige de bambou porte-bonheur.

Mihai Claudiu CRISTEA

À bas l’hiver! Vive le printemps!

J’ai quitté le Québec pour la Roumanie à la fin d’octobre dernier après une chute de neige automnale digne de Noël avec des flocons gros comme des noix de Grenoble. Je suis revenu (un peu comme les «snowbirds» québécois) à la fin du mois de mars. Et (rien d’étonnant) j’ai retrouvé ma terre d’adoption depuis 15 ans déjà gelée sous des montagnes de neige. J’ai heureusement raté deux épisodes particulièrement éprouvants, même pour les Québécois «de souche»: la journée du 11 mars la plus froide à Québec depuis 45 ans (moins 24,4 °C, soit moins 40 °C avec le facteur vent) et la tempête de neige «historique» qui a frappé le Québec du 14 au 15 mars et qui a fait huit morts.

L’hiver a été long à Québec. Ceux qui l’ont vécu au complet le savent mieux que moi. Ce n’est pas pour rien que la première question posée de manière ironique par le maire Régis Labeaume aux nouveaux arrivants présents à la récente cérémonie d’accueil du 1er avril a été s’ils avaient aimé leur premier hiver à Québec. Tout en les informant que lors de la «semaine où il faisait moins 35 °C», il était dans le Sud…

J’ai abandonné les manches courtes et les fleurs de Timisoara et de mon escale à Lille pour enfiler de nouveau le manteau d’hiver, la tuque et les bottes. Cependant, ce n’est pas le fait d’avoir goûté de nouveau à l’incontournable hiver québécois qui m’a frappé le plus, car je m’y attendais. C’est le décès prématuré de deux personnes que j’ai eu l’occasion de connaître et de côtoyer ici même en sol québécois.

Le jour de mon arrivée à Québec, j’ai appris la mort à l’âge de 54 ans de la comédienne d’origine haïtienne Néfertari Bélizaire, connue surtout pour avoir joué dans la série télévisée Watatatow. Elle est morte le 19 février, à l’Hôtel-Dieu de Québec, d’une pneumonie sévère. Et je l’ai appris tout simplement en payant mon premier loyer de son dernier appartement dans ce monde.

Après avoir habité à la même adresse l’automne dernier (moi à l’étage et elle au rez-de-chaussée), j’habite aujourd’hui, par l’ironie du hasard, entre les murs où Néfertari Bélizaire a vécu les derniers mois de sa vie. Je l’ai connue en lui donnant un coup de main pour faire entrer ses quelques meubles descendus brutalement devant notre immeuble par un chauffeur de taxi québécois frustré par la course trop courte. Et c’est malheureusement la seule chose que j’ai faite pour elle. On s’est promis de se reparler, mais je l’ai perdue de vue par la suite.

La deuxième mort qui m’a troublé lors de mon retour à Québec a été celle d’un grand ami de notre mensuel, le militant pour la laïcité André Drouin, le père du fameux code d’Hérouxville, qui a déterminé la création de la commission Bouchard-Taylor. Il est mort le 2 avril 2017, à l’âge de 70 ans, d’un cancer qui l’a emporté à une vitesse ahurissante.

Mihai Claudiu CRISTEA

Près de 250 immigrants ont cherché les «clés» du marché du travail québécois

Les immigrants à la recherche de solutions pour trouver un emploi à Québec étaient particulièrement nombreux le 14 mars dernier à la 3e édition de la Matinée Info-Emploi. La veille de l’événement organisé par le Centre R.I.R.E. 2000 et qui réunissait plusieurs organismes et services d’aide à l’emploi 246 personnes originaires de 55 pays y étaient inscrites.

Au menu de la matinée: rencontrer les intervenants en employabilité et découvrir les organismes et les services disponibles à différentes étapes de leur parcours d’intégration au marché du travail. Selon Murielle Jean-Baptiste, chargée de projets formation et employabilité au Centre R.I.R.E. 2000, «cette nouvelle édition a été bonifiée grâce à une dizaine de nouveaux organismes qui ont rejoint l’événement, ce qui enrichit l’offre de services proposée à la clientèle».

L’objectif est de transmettre l’information et de promouvoir l’offre de formations financées par Emploi Québec. Les matinées info-emploi ont débuté en 2014 afin de cerner les besoins des immigrants sans emploi et de développer des solutions qui y répondent. (...)

Mme Jean-Baptiste insiste sur l’importance de la francisation dans le processus d’intégration socioprofessionnelle. «Environ 45 % des personnes qui sont là aujourd’hui viennent de centres offrant des formations en francisation, comme le Centre Louis-Jolliet, le Cégep de Sainte-Foy et le Centre du Phénix», a-t-elle indiqué.

Réussir le processus de l’intégration socioprofessionnelle à Québec est loin d’être facile. C’est le cas de Marcel Faye qui attendait son tour ce jour-là devant le stand de l’organisme GIT Services-conseils en emploi. Ce jeune Sénégalais est diplômé en comptabilité et a du mal à décrocher un emploi dans son secteur depuis son arrivée en 2011. Subissant l’éternel obstacle de la reconnaissance de l’expérience antérieure à l’immigration, il affirme qu’il a «tout fait» et qu’il se heurte toujours au problème de la «première expérience québécoise». S’il est venu à cette matinée, c’est pour essayer de savoir ce qui lui manque, ce qu’il n’a peut-être pas encore fait. Le jeune immigrant a déjà travaillé dans un autre domaine. (...) «J’attends qu’une porte s’ouvre et que je puisse enfin travailler dans mon domaine», nous a-t-il confié.

On dit souvent que les premiers pas sont difficiles. Ce n’est pas le cas de Farida qui vit à Québec depuis quatre ans. Cette Marocaine d’origine vient de terminer sa formation d’éducatrice en services de garde et cherche un travail. «J’ai fait une formation grâce au SOIT et j’ai obtenu mon attestation au bout de neuf mois. J’ai réussi toutes les étapes grâce au soutien des intervenants», nous confie-t-elle. Farida est venue à la Matinée Info-emploi pour compléter les informations qu’elle avait déjà et semblait très confiante en l’avenir.

Sana BOUAGILA
L'édition imprimée
no. 138, Avril 2017
3 000 exemplaires. 20 pages.
Disponible dès maintenant.
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