Nous sommes solidaires avec la Chine, la Corée du Sud, l'Iran, l'Italie, l'Espagne, la France, l'Allemagne, la Suisse, la Grande-Bretagne, les États-Unis et avec tous les pays à travers le monde qui font face à la pandémie de COVID-19.

Tuerie en Nouvelle-Écosse. Solidaires avec les familles des victimes.

Des boucliers en tissu au visage, à Timisoara, à Rome, à Paris ou à Québec, la vie descend de nouveau dans la rue. (Photo: LIC)

Plus généreux et plus tolérants après la pandémie de COVID-19?

Le nouveau coronavirus a ravagé nos vies au plus haut point. Les slogans «Restez chez vous» nous hantent encore. Dans notre nouvelle vie, nous nous évitons dans les magasins et cessons de respirer si nous croisons une personne qui tousse ou éternue. On consomme un savon par jour. On désinfecte tout. (…) Pourtant, quand la pandémie de COVID-19 sera finie, a-t-on raison de croire que nous allons devenir plus généreux et plus tolérants avec les autres ou est-ce trop demander?

Mihai Claudiu CRISTEA

Nous et le «maudit virus» qui a ravagé nos vies

Le 19 mai 2020, le Québec déplorait encore 51 nouveaux décès causés par la COVID-19 (pour un total de 3 647 décès depuis le début de la crise sanitaire, soit plus de 60 % de tous les décès en sol canadien). Après plus de 60 jours très sombres pendant lesquels la lumière au bout du tunnel était pratiquement invisible, le nouveau coronavirus semble reculer, même dans la région de Montréal. Par contre, la fameuse courbe descend lentement, en dents de scie, imposant un optimisme tempéré des autorités québécoises.

Les mesures de confinement prises par le gouvernement du Québec, douloureuses pour l’économie, mais nécessaires, ont fait éviter le pire. Le «maudit virus» (appelé ainsi par le premier ministre François Legault dans un moment d’exaspération) a nettement diminué sa progression en premier lieu dans les régions du Québec (incluant celle de Québec), où les décès dus à la COVID-19 sont rares. (…)

Durant les deux mois de confinement, la moitié de mon cœur a battu pour la Roumanie et l’autre moitié pour le Québec et le Canada. J’ai vécu ces deux mois absorbé par deux écrans, celui des télévisions roumaines qui annonçaient d’un ton grave les ordonnances militaires de Bucarest et celui de mon ordinateur portatif qui diffusait en direct les points de presse des autorités québécoises et canadiennes sur les chaînes de télévision LCN et RDI. J’ai eu des vertiges en voyant augmenter en flèche le nombre de morts en sol québécois. J’ai été en état de choc quand le gouvernement Legault a mis le Québec «sur pause» pour trois semaines et encore une fois quand la «pause» a été prolongée.

Plus nerveux que jamais, craintifs ou carrément paniqués, nous sortons du confinement à tour de rôle. (…) On nous prévient cependant que cette nouvelle liberté pleine de restrictions aura un prix. Elle fera augmenter le nombre de personnes qui attraperont le «maudit virus». Certains d’entre nous perdront la vie. En ce sens, je crois que l’autorisation des rassemblements extérieurs de dix personnes ou moins provenant de trois ménages différents, valide à partir du 22 mai partout au Québec, est un choix très risqué du gouvernement du Québec et de la Santé publique dans un contexte où le Québec comptait 71 morts de plus le 20 mai 2020, le jour même de cette annonce, et un total de 4 228 morts de la COVID-19 le 27 mai 2020.

Mihai Claudiu CRISTEA

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L’augmentation des actes haineux à caractère xénophobe et islamophobe au Québec

Devant une quarantaine de personnes, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) du Québec a organisé le 11 février 2020, au Morrin Centre de Québec, une activité de réflexion et de discussion, conjointement avec la Ligue des droits et libertés-section Québec (LDL), sur les actes haineux à caractère xénophobe et islamophobe ainsi que sur l’extrême droite dans la région de la Capitale-Nationale.

La CDPDJ a présenté son étude intitulée «Les actes haineux à caractère xénophobe, notamment islamophobe» publiée en 2019, une recherche axée sur le témoignage des victimes et leur expérience de ces actes haineux entre 2007 et 2017. Dans le résumé de l’étude, on peut lire qu’au Canada, l’ensemble des crimes haineux a augmenté dans les dernières années, avec des variations parfois importantes selon les provinces. Entre 2015 et 2016, cette hausse est de l’ordre de 21 % au Québec (3 % pour le Canada). En 2017, on constate un pic avec plus de 2 000 crimes haineux recensés pour l’ensemble du pays. L’augmentation est de 49 % au Québec et de 47 % pour le Canada.

Au Québec, les minorités visibles et religieuses les plus ciblées par des crimes haineux déclarés aux services de police en 2017 sont les musulmans (24 %), les Arabes (11 %), les Juifs (10 %) et les Noirs (7,5 %).

Ces chiffres pourraient être plus élevés, puisque Statistique Canada comptabilise les crimes haineux seulement à partir des rapports de police. «Si une personne est victime et ne porte pas plainte (à la police – N.D.L.R.), sa situation ne se retrouvera pas dans les rapports officiels. Même chose si la personne tente de porter plainte, mais que son signalement n’est pas retenu», a précisé Jean-Sébastien Imbeault, sociologue chercheur à la CDPDJ et co-auteur du rapport de recherche, lors de la présentation.

Sur les 86 personnes interrogées dans le cadre de l’étude, 21 ont décrit des agressions physiques, dont sept femmes portant le hijab (le foulard islamique) et dans plusieurs cas, l’acte était accompagné de propos haineux. On précise également que 77 personnes ont rapporté plusieurs insultes ou menaces à caractère xénophobe ou islamophobe.

Agnès BLAIS

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no. 175, Mai 2020
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COVID-19 : «Je souhaite voir le plus de Québécois possible porter un masque»

Le virage promasque des autorités québécoises a eu lieu au début du point de presse du 12 mai 2020, alors que le Québec déplorait 3 131 morts de la COVID-19 depuis le début de la crise sanitaire, quand le premier ministre François Legault et la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle McCann et même le docteur Horacio Arruda sont arrivés devant les journalistes et les photographes en portant des masques grand public. «J’ai voulu porter le masque, pas parce qu’on en a besoin ici, mais parce qu’on veut faire une suggestion forte aux Québécois de le porter quand ils sortent de chez eux. Surtout si on est contraint de rester à moins de deux mètres des autres personnes», a déclaré d’emblée M. Legault, en invoquant surtout le transport en commun ou certains magasins très achalandés, où la distanciation sociale est difficile, voire impossible.

«Quand on met un masque, c’est pour protéger les autres. Évidemment si tout le monde le fait, tout le monde se protège. (…) On va s’habituer. C’est une bonne habitude qui va nous permettre de revenir plus rapidement à une vie un peu plus normale. Je souhaite voir le plus de Québécois possible porter un masque», a ajouté M. Legault, qui refuse pourtant de rendre le masque obligatoire et encore moins d’associer le non-respect du port du masque dans certaines circonstances à des amendes, comme dans certains pays européens.

En France, la personne qui refuse de porter un masque dans le transport en commun est passible d’une amende de 135 euros, alors qu’en Belgique, l’amende s’élève à 250 euros. En Roumanie, où le masque est obligatoire depuis le 15 mai 2020 non seulement dans le transport en commun, mais aussi dans les magasins, l’amende peut aller de 100 à 500 euros (l’équivalent du salaire moyen au pays).

Mihai Claudiu CRISTEA

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L’édition 2020 du Salon Carrière Formation de Québec a été remise à l’année prochaine

Après l'annulation de la Foire de l'emploi 2020 (qui devait avoir lieu les 3 et 4 avril 2020) en raison de la pandémie de COVID-19, les mauvaises nouvelles continuent de s’accumuler pour les chercheurs d’emploi de la capitale. Le 7 mai 2020, trois jours après le début du déconfinement graduel des commerces et des entreprises, le conseil d’administration du Salon Carrière Formation de Québec (SCFQ) a rendu publique sa décision de remettre à l’an prochain la 26e édition de l’événement qui devait avoir lieu en octobre 2020. Dans un communiqué de presse signé par la présidente du CA, Mme Annie Gourde, et par le nouveau directeur général du SCFQ, M. Serge Duclos, on peut lire que dans le contexte des «orientations du gouvernement à moyen-long terme en ce qui concerne les mesures de distanciation physique», il devient «vraisemblablement impossible de tenir cet automne notre événement dans la forme qu’on lui connaît, alors que ce dernier accueille plusieurs centaines d’exposants et plus de 10 000 visiteurs.»

Pour compenser en partie le «vide» généré par la remise à 2021 de l'édition 2020 du Salon Carrière Formation de Québec (un événement très prisé par les immigrants de la région de Québec en recherche d’un emploi ou d’une formation pertinente), tout en respectant les directives gouvernementales de distanciation physique, «le conseil d'administration du Salon souhaite offrir une alternative pour l'automne 2020», nous a expliqué M. Duclos sans pouvoir nous donner plus de détails pour l'instant.

En ce qui concerne les Prix Pascale-Clément 2020 (accordés aux personnes issues de l’immigration ayant un parcours d’intégration exceptionnel), le directeur général Serge Duclos nous a déclaré qu'il «n'est pas exclu» que cette activité faisant partie du SCFQ depuis 2017 soit remise également à 2021.

Mihai Claudiu CRISTEA

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