Solidaires avec ISTANBUL et BERLIN!

Solidaires avec la RUSSIE!

Mlle Voahary Raphaelson et Mme Claudette Boisclair, avant de se lancer dans un échange sur la cuisine, la politique et la culture québécoise… (Photo: LIC)

Ces Québécois formidables qui nous accueillent et nous adoptent!

Malgré les résultats renversants d’un sondage CROP-La Presse publiés le 10 décembre 2016, qui font de la région de Québec le mouton noir de l’intolérance envers les immigrants, des Québécois accueillants, ouverts d’esprit et généreux, il y en a plus que l’on pense. La jeune retraitée Claudette Boisclair, ex-enseignante qui a «adopté» tout récemment la jeune Malgache Voahary Raphaelson, étudiante à l’Université Laval, est justement la preuve que ce «pays de neige» cache une chaleur humaine touchante et insoupçonnée.

Mihai Claudiu CRISTEA

Voilées ou non, les femmes maghrébines de Québec disent être discriminées à l’emploi

Chargée de cours au Département des relations industrielles et aussi professionnelle de recherche à la Chaire Claire-Bonenfant - Femmes, Savoirs et Sociétés à l’Université Laval, Mme Carol-Anne Gauthier a soutenu récemment sa thèse de doctorat sur les obstacles à l’intégration socioprofessionnelle d’une quinzaine de femmes immigrantes de Québec hautement scolarisées originaires du Maghreb. Intitulée «Le rôle des réseaux sociaux et de la discrimination dans l’intégration socioprofessionnelle : Le point de vue des immigrantes hautement scolarisées d’origine maghrébine établies à Québec», cette thèse démontre que les immigrantes maghrébines vivent des difficultés particulières et importantes sur le marché du travail québécois.

Lors d’une entrevue exclusive accordée au mensuel «Les immigrants de la Capitale», Mme Gauthier nous a confié que la plupart de ces femmes, portant ou non le hijab (le foulard islamique), se considèrent comme étant des victimes d’une discrimination systémique à Québec.

Les 15 immigrantes maghrébines hautement scolarisées établies à Québec rencontrées par Mme Carol-Anne Gautier ont participé à des entretiens individuels semi-dirigés afin de partager leurs expériences professionnelles et migratoires. «L’étude a permis de jeter un regard sur les processus pré-migratoires tels que le rôle des réseaux dans la trajectoire professionnelle pré-migratoire, la non-mobilisation des réseaux déjà établis au Québec et la réticence des membres de ces réseaux de dévoiler leur situation socioprofessionnelle. En ce qui concerne les réseaux post-migratoires, la difficulté de tisser des liens avec les membres de la communauté d’accueil ainsi que la méfiance de certaines immigrantes envers leur communauté ethnoculturelle a également été observée», nous a déclaré Mme Gautier. (L.I.C.)

Quand «Djihad» sert de prévention à la radicalisation

Présentée à Québec en première nord-américaine le 30 octobre dernier, au Pavillon Pierre Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, en ouverture de la Conférence Québec-UNESCO sur l’Internet et la radicalisation des jeunes, «Djihad» est une pièce de théâtre écrite et mise en scène par l’auteur belge Ismaël Saïdi avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

C’est l’histoire de trois jeunes Bruxellois d’origine maghrébine (Ismaël, Reda et Ben) qui décident de partir combattre en Syrie. Leur vision du djihad est idéalisée et leur périple ne sera qu’une succession de mésaventures. L’ignorance, les préjugés et les motivations de ces jeunes sont alarmants. Ceux qui sont déterminés à rejoindre «le paradis» en faisant «le bien» au nom de leur religion découvrent l’enfer sur terre.

Destiné au tout public (écoles, prisons, milieux favorisés et défavorisés, mosquées, synagogues, églises, personnes malvoyantes, malentendantes, etc.), le spectacle «Djihad» soulève les réalités sous-jacentes que vivent certains jeunes issus de l’immigration, interprétés par les comédiens bruxellois Ismaël Saïdi, Reda Chebchoubi, Shark Carrera et James Deano.

À la fois drôle, touchante et provocatrice, cette pièce se veut, avant tout, un appel au dialogue. On ne peut reprocher à l’auteur l’authenticité des faits. Cet ancien policier, issu de l’immigration marocaine, a lui-même failli s’enrôler pour partir au combat en Afghanistan. «J’ai pris trois morceaux de moi il y a 25 ans, et j’en ai fait trois personnages». Il nous confie aussi que les musulmans qui ont vu cette pièce ont beaucoup d’autodérision et qu’ils se retrouvent dans ce parcours chaotique et cette problématique complexe. Le public de Québec n’a pas manqué à l’appel au dialogue à l’issue du spectacle. (...) Le maire de Québec Régis Labeaume, impressionné par la pièce, y voit un bon outil pédagogique de prévention à la radicalisation.

Sophie OMARI
L'édition imprimée
no. 134, Décembre 2016
3 000 exemplaires. 16 pages.
Disponible dès maintenant.
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