Collectes de fonds pour la famille d'Oscar Anibal Rodriguez

La communauté latino-américaine de Québec est en deuil. Préposé aux bénéficiaires au CHSLD Saint-Antoine, Oscar Anibal Rodriguez, Argentin d’origine, 57 ans, a perdu la lutte contre le nouveau coronavirus, contracté durant son travail. Déclaré positif à la COVID-19 avant les Fêtes, après avoir cessé de donner signe de vie à sa famille en Argentine, il a été retrouvé mort le 2 janvier 2021, seul dans son appartement à Québec.

Vous pouvez soutenir la famille endeuillée d’Oscar Rodriguez par le biais d’une des deux collectes de fonds lancées à Québec par Mme Julie Chantal, préposée aux bénéficiaires, collègue de travail de M. Rodriguez, et par M. Max Férandon, écrivain d’origine française et préposé aux bénéficiaires à l’Hôpital Jeffery Hale, collectes soutenues par la CASA latino-américaine de Québec. Vous pouvez faire votre don ci-dessous, selon votre choix. (M.C. CRISTEA)

Collecte de fonds organisée par Julie Chantal : Collecte de fond pour la famille d'Oscar Rodriguez (gofundme.com)

Collecte de fonds organisée par Max Férandon Facebook

Oscar Anibal Rodriguez, un colosse de bonté (Photo: Claudia Ortega)

Un « ange gardien » aux ailes brisées par la COVID-19

Peu avant son 57e anniversaire, l’été dernier, l’informaticien Oscar Anibal Rodriguez, originaire d’Argentine, a fait tout un virage, en pleine pandémie de COVID-19, vers la profession de préposé aux bénéficiaires. Malheureusement, six mois plus tard, ce virage courageux a tourné au drame. En ce début d’année, le «maudit virus» lui a brisé ses ailes d’ange gardien et a réduit en cendres ses rêves de sauver le plus de vies possible au CHSLD Saint-Antoine.

Mihai Claudiu CRISTEA

Solidarité et (seul)idarité

À force d’entendre ou de lire chaque jour le bilan des nouvelles personnes infectées ou décédées à travers le Québec à cause de la COVID-19, on ne pense que rarement aux drames cachés par ces chiffres impersonnels. (...) Mais parfois, comme les hologrammes, ces chiffres ordinairement inertes commencent à bouger et à acquérir des visages pour nous raconter des histoires troublantes.

La mort à l’âge de 57 ans de l’Argentin d’origine Oscar Anibal Rodriguez, ex-informaticien qui travaillait comme préposé aux bénéficiaires et comme aide de service au CHSLD Saint-Antoine à Québec, a ému de nombreux membres de la communauté latino-américaine de Québec. Elle a aussi touché beaucoup de Québécois de toutes origines à la grandeur de la province. L’imaginaire des gens a été frappé non seulement par le fait que M. Rodriguez faisait partie de ceux et celles qu’on surnomme «nos anges gardiens», mais aussi par le fait qu’il a rendu l’âme tout seul, pendant qu’il combattait la COVID-19 dans son logement modeste situé dans une coopérative d’habitation de Québec.

Je me suis enfermé pendant deux semaines dans mon petit studio à Québec pour essayer de comprendre comment un tel drame a pu avoir lieu. J’ai passé des heures au téléphone avec les amis plus ou moins proches d’Oscar Rodriguez et j’ai posé des questions au CIUSSS de la Capitale-Nationale et aux syndicats. (...) Au bout de cette démarche, j’ai la conviction profonde que ce colosse de bonté, de générosité et d’optimisme, malgré son choix assumé de vivre seul, n’aurait jamais dû mourir seul. Un suivi médical quotidien (dont il n’a malheureusement pas eu la chance de bénéficier) aurait probablement pu le sauver.

Les circonstances du décès d’Oscar Rodriguez devraient faire réfléchir sérieusement les dirigeants de la santé publique du Québec pour changer le protocole de suivi des personnes atteintes par la COVID-19 qui se trouvent en isolement à domicile. Face à une maladie qui peut tuer en moins de 24 heures une personne apparemment stable, un suivi téléphonique quotidien des personnes sans proche aidant pourrait sauver des milliers de vies. Malgré la solidarité post-mortem dont bénéficiera sa famille, la mort d’Oscar Anibal Rodriguez nous prouve que dans les moments les plus difficiles de notre vie, on ne peut compter généralement que sur notre famille rapprochée. C’est d’ailleurs grâce aux proches de M. Rodriguez en Argentine, inquiets de ne plus recevoir de messages de sa part depuis le 31 décembre dernier, qu’on a pu le trouver décédé le 2 janvier 2021 dans son appartement à Québec. (...)

Notre façon de vivre occidentale, «chacun pour soi» ou «chacun sa vie», renforcée plus que jamais par les mesures de distanciation sociale imposées à cause de la pandémie, nous montre une fois de plus ses risques. Dans le tourbillon de la vie moderne, nous nageons tous seuls «dans le jus» de nos propres problèmes. Nous sommes plutôt (seul)idaires que solidaires...(Mihai Claudiu CRISTEA)

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Les employeurs du Québec font le tour du monde virtuellement pour trouver les « perles rares »

LES PAYS VISÉS PRINCIPALEMENT D’ICI L’ÉTÉ SERONT LE SÉNÉGAL, LES ÉTATS-UNIS, LA FRANCE, LA BELGIQUE, LE MEXIQUE ET LE MAROC.

Cinq missions virtuelles de recrutement ont été organisées par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), avec la collaboration de ses partenaires, Québec International, Montréal International et la Société de développement économique Drummondville, au Brésil, en Tunisie, en Colombie, en France et à Maurice. À l’occasion de ces cinq missions de recrutement, au total, plus de 47 000 candidats ont manifesté leur intérêt afin de décrocher l’un des 1 208 postes offerts dans de nombreux secteurs d'activité, dont ceux des technologies de l’information et des communications, de la santé, du manufacturier, de la transformation alimentaire, du transport et des jeux vidéo.

DES FRAIS DE PARTICIPATION DE 1 500 $ À 3 000 $

Le MIFI a profité de l'occasion pour annoncer le calendrier des prochaines missions de recrutement international qui, tenant compte du contexte sanitaire actuel, auront lieu exclusivement de manière virtuelle. Selon ce calendrier, à la fermeture de notre édition, la première mission de recrutement de l’année 2021 était prévue au Sénégal du 25 au 29 janvier et réalisée par le MIFI en collaboration avec Québec International. Pour participer aux Journées Québec Sénégal, les employeurs québécois du secteur manufacturier, de l’automobile et des technologies de l’information et des communications ont dû débourser entre 1 500 $ (pour une entreprise de 50 employés et moins) et 3 000 $ (pour une entreprise de plus de 50 employés).

LES «JOURNÉES QUÉBEC MONDE»

La deuxième mission de recrutement virtuel de l’année 2021, intitulée «Journées Québec Monde», aura lieu du 8 au 19 février et visera les travailleurs étrangers vivant actuellement dans plus d’une centaine de pays, spécialisés dans les domaines des jeux vidéo, de la santé, de l’usinage, du secteur manufacturier et des technologies de l’information et des communications. L’activité est organisée par Québec International. Les entreprises intéressées devront payer des frais de participation de 1 500 $ à 3 000 $ chacune (taxes en sus), en fonction de leur taille.

Les Journées Québec se déplaceront (toujours virtuellement) en France et en Belgique, du 15 au 27 mars 2021, pour rencontrer des travailleurs intéressés par l’aventure québécoise et formés dans les domaines de l’éducation, de la petite enfance et de la santé.

M.C. CRISTEA – Source : MIFI

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L'édition imprimée
no. 182, Janvier 2021
3 000 exemplaires. 20 pages.
Disponible dès maintenant.
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Vacciné, je porterai encore le masque

Pourquoi? Parce que je pense que collectivement rien ne sera joué après ma vaccination. Je suis convaincu que le vaccin va me permettre d’acquérir une immunité contre le virus, mais vais-je être protégé contre l’infection? En général, répète-t-on, les vaccins préviennent la maladie causée par un virus, mais non l’infection. En d’autres mots, même vaccinés, on pourrait toujours être porteur du virus. Or tout ce que j’ai lu jusqu’au moment d’écrire ces lignes, le 28 décembre 2020, est que telle pourrait être la situation. Par solidarité, je continuerai les mesures barrières pour des mois. (...) Pour en ajouter une couche, le virus a connu plusieurs mutations. Une d’entre elles, particulièrement contagieuse, fait des ravages présentement au Royaume-Uni. (...)

Dans le meilleur des cas, 70 % de la population québécoise devrait être vaccinée à la fin de l’été. Il s’agit du pourcentage minimum estimé pour parvenir à une immunité collective acceptable. Mais je me demande toujours combien de temps l’immunité contre la COVID-19 sera maintenue grâce à ces vaccins développés très rapidement (une prouesse d’ailleurs). Il semble que même les grands spécialistes de ce monde ont de la difficulté à nous donner une réponse. (...)

Au risque de me répéter, une chose est claire pour moi: peu importe le moment où je recevrai mon vaccin, je continuerai à porter correctement le masque, me laver les mains et me tenir à distance de mes voisins. J’espère que mes concitoyens, jeunes ou moins jeunes, Québécois «de souche» ou d’adoption, feront la même chose pour se protéger et pour protéger les autres. Cela sera une preuve de respect envers celles et ceux qui se tuent quotidiennement au travail (parfois au sens propre du terme) pour nous soigner. C’est le minimum qu'on leur doit.

Michel LECLERC, collaboration spéciale

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Si on abolit le mot «nègre», on efface presque 500 ans d’histoire

Ce qui m’a agacée prodigieusement l’automne dernier, quand on a abordé dans tous les grands médias du Québec le sujet de l’utilisation du mot «nègre» par la professeure Verushka Lieutenant-Duval à l’Université d’Ottawa, c’est que les gens qui l’ont évoqué (incluant les animateurs) n’ont même pas osé prononcer le mot en cause. C’était presque incroyable d’assister à cela. Dites-le le terme, pour qu’on en finisse une fois pour toutes, mais surtout qu’on en débatte. Ce n’est pas en retirant ce mot du vocabulaire qu’on va effacer tout le passé historique.

Aimé Césaire a publié un livre d’entretiens avec Françoise Vergès intitulé «Nègre je suis, nègre je resterai». Il y a des chansons à travers le monde qui invoquent la négritude. On fait quoi? L’idéal serait à mon avis de s’assoir pour qu’on discute de la charge historique et culturelle autour du concept lui-même. Moi je déplore qu’on n’ait jamais discuté, on a tout de suite sauté aux conclusions et on n’a jamais fait le débat.

Dans une intervention faite en direct à la radio de Radio-Canada, qui aurait dû normalement être un débat, en écoutant les autres interlocuteurs dire à répétition «le mot en n» ou le «mot qui comment par n», j’ai failli dire que j’assistais à une scène d’Harry Potter où Voldemort est le mot qu’il ne faut pas prononcer. Mais voyons donc! Ce n’est pas parce qu’on ne prononce pas ce mot que le racisme n’existera plus. Ce n’est pas un mot à proscrire.

Si on abolit le mot «nègre», on efface presque 500 ans d’histoire.

Michèle DHAÏTI, professeure d’anthropologie au Cégep Garneau

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