Famille musulmane décimée à London (Ontario) — solidaires avec les proches des victimes!
Les préjugés et les attitudes racistes de (ou envers) certains personnages dominent toutes les scènes de la pièce «Un nous pluriel». (Photo: Georges Rousseau)

Lutter contre le racisme par le biais du théâtre

Les 30 et 31 mai 2021, le groupe d’entraide internationale Spirale nous a proposé virtuellement depuis l’Assemblée nationale du Québec, par le biais du théâtre, une réflexion sur les préjugés, la discrimination et le racisme. La pièce «Un nous pluriel», théâtre-forum pour un meilleur vivre-ensemble, nous a montré tout d’abord les dérives comportementales et de pensée envers l’Autre. Dès ses premières représentations en présentiel, qui auront lieu dès que possible, les réalisateurs et les comédiens donneront la chance aux spectateurs de changer le scénario.

Mihai Claudiu CRISTEA

Le conflit des générations

Je n’ai pas été l’enfant le plus facile au monde. Élevé par ma grand-mère maternelle à la campagne jusqu’à l’âge de six ans dans une liberté quasi totale alimentée par l’amour inconditionnel, j’ai eu un choc quand j'ai vu mes libertés restreintes par mes parents lorsque j'ai dû commencer l’école primaire. Enseignants dans une petite ville où presque tout le monde les connaissait, fiers et orgueilleux, ils étaient des adeptes de la violence, tant physique que verbale. La vérité, c’est que j’étais un élève moyen, loin des aspirations de mes parents. À l’âge de 18 ans, leur rêve de me voir admis à l’université s’écroulait. Pour eux, j’étais une cause perdue, un échec et la honte de la famille.

Après une trêve d’un an et demi durant mon service militaire, comme nos conflits se poursuivaient au sujet de ma vie supposément ratée, j’ai décidé de rompre avec mes parents en quittant le nid familial, devenu presque invivable, pour aller travailler dans une mine de Petrosani, au sud de la Transylvanie, à l’âge de 20 ans. C’est là que j’ai compris, à 300 mètres sous terre, le visage noirci par la poussière de charbon et le dos courbé sur la pelle, que je n’étais pas fait pour le travail physique. À 22 ans, j’étais enfin admis à l’Université de Petrosani, 22e sur une courte liste de 25. En apprenant la nouvelle, émue et surprise, ma mère a embrassé la terre. Pourtant, je n’ai jamais oublié que la nuit de mon grand départ pour Petrosani, elle m’avait dit textuellement : «Que Dieu fasse que la mine s’écroule sur toi!» Avec le temps, je lui ai pardonné cette phrase affreuse, comme j’ai pardonné à mon défunt père les nombreux épisodes de violence qu’il m’a fait subir, en gardant surtout en mémoire tout ce qui a été beau entre nous.

Les temps ont changé depuis mon adolescence. On ne «corrige» plus nos enfants en les giflant, en leur appliquant des coups de ceinture allongés sur le tapis ou en leur donnant des assiettes de nourriture devant la porte comme aux chiens. On ne fait plus cela par peur qu’ils appellent le 911 ou le 112, que la police nous arrête, que la DPJ vienne nous les prendre (avec raison). Ou tout simplement, et c’est mon cas, parce qu’on ne veut pas qu’ils vivent le même cauchemar que nous. Nous essayons de les comprendre, de ne pas faire tout un drame pour rien. Mais on frappe très vite le mur de nos propres limites. Nous devenons alors aux yeux de nos jeunes qui croient tout savoir des parents «rétrogrades», «démodés», «absurdes» et même «paranoïaques».

Mihai Claudiu CRISTEA

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Baisse importante des crimes haineux à Québec durant l’année 2020

Le 9 juin 2021, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a publié son rapport annuel 2020. À cette occasion, l’ancien directeur du SPVQ, M. Robert Pigeon, a salué la résilience et l’adaptabilité de tous les employés, qui ont dû «ajuster leurs méthodes de travail en raison de la pandémie et des consignes émises par la Santé publique».

Le confinement et le télétravail durant plusieurs mois ont eu une influence significative au niveau du bilan de certaines catégories d’infractions. Dans la catégorie infractions contre la propriété, on constate une baisse marquée du nombre d’introductions par effraction en 2020 sur le territoire de la ville de Québec, soit 1 195. On comptait 1 537 introductions par effraction en 2019 et 1 525 en 2018. Le bilan routier s’avère également meilleur à Québec par rapport à ceux des années précédentes, surtout au niveau des collisions avec blessures légères, 757 en 2020, contre 1 123 en 2019 et 1 145 en 2018.

En revanche, affirme le SPVQ, «les fraudeurs ont été très actifs sur le territoire de Québec» durant l’année 2020. «De nouveaux stratagèmes de fraude ont vu le jour, dont la fraude de la prestation canadienne d’urgence (PCU), tandis que ceux liés aux sites de vente entre particuliers ont augmenté. L’Unité de la fraude et des produits de la criminalité a enquêté sur 2 699 dossiers de fraude et de recel au cours de l’année, soit une augmentation de plus de 30 % par rapport à l’année précédente», peut-on lire dans le rapport 2020 du Service de police de la Ville de Québec.

Comme le bilan des crimes haineux ne figurait pas dans le rapport 2020, nous avons fait en ce sens une demande d’accès à l’information auprès du SPVQ qui nous a répondu avec promptitude. «Pour l’année 2020, nous dénombrons 36 crimes à caractère haineux, comparativement à 69 en 2019, soit une baisse de 48 %», a déclaré en exclusivité pour «Les immigrants de la Capitale» M. David Poitras, sergent aux communications à la Division des communications en sécurité publique du SPVQ. Le sergent Poitras précise également que la moitié des crimes à caractère haineux en 2020 à Québec ont visé les Noirs.

Mihai Claudiu CRISTEA

Source : SPVQ

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L'édition imprimée
no. 187, Juin 2021
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Les Français de Québec, concernés également par la création de la Maison de la diversité

La future Maison de la diversité de Québec, qui sera aménagée à la Maison Pollack, située sur la Grande Allée, est un legs du maire Régis Labeaume (qui a choisi de se retirer de la vie politique en novembre prochain) envers les communautés culturelles de la capitale. Le maire Labeaume souhaite que la Maison de la diversité soit non seulement un lieu de rencontres interculturelles par excellence, mais aussi à l’image de plus en plus diversifiée de Québec. Monsieur Labeaume se dit convaincu qu’au-delà des communautés africaines, maghrébines, asiatiques ou latino-américaines, dans le concept de la future Maison de la diversité, doivent être impliqués également et naturellement les membres de la communauté française (la plus nombreuse communauté immigrante de Québec) et ceux de la communauté anglophone.

Questionné à ce sujet par le mensuel «Les immigrants de la Capitale», le président de la Société Française de Québec — Ouverte sur le Monde (SFQ), M. Yves Saliba, partage totalement la position du maire Régis Labeaume. «Je suis très favorable à la création de la Maison de la diversité. Cela est indispensable d'avoir un lieu commun qui permettra la rencontre entre les communautés ethniques de Québec et de la région de Québec. En ce qui concerne la communauté française, même si nous parlons la même langue que la société d’accueil, il y a de nombreuses différences culturelles entre les Français et les Québécois. De plus, les Français vivant à Québec et au Québec arrivent de régions de France qui ont chacune leurs coutumes, cultures ou spécialités culinaires. Ce n’est pas pour rien que les Alsaciens, les Bretons et les Basques, entre autres, ont choisi de créer leurs propres associations», nous a déclaré en exclusivité M. Yves Saliba.

Un montant de 3 M$ sera alloué par la Ville de Québec pour l’aménagement de la Maison Pollack pour qu’elle devienne d’ici environ trois ans, après des travaux majeurs, la Maison de la diversité de Québec.

Mihai Claudiu CRISTEA

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Vigile à Québec à la mémoire des victimes de l'attaque de London

Le 11 juin 2021, les mosquées de Québec et du Grand Lévis ont convié la population à une vigile à la suite de l’attaque à la voiture-bélier qui a tué quatre personnes et a blessé un enfant de la même famille à London en Ontario. Un peu plus d’une centaine de personnes, dont plusieurs politiciens, se sont réunis au coeur du mémorial «Vivre ensemble» dédié aux victimes de la Grande Mosquée de Québec.

Présent à la vigile, le maire Régis Labeaume a tenté une explication à ce nouveau drame qui a eu lieu en sol canadien: «Cette horreur a une raison. Cette horreur a une source. Et cette raison, c’est notre silence collectif, un silence quasi admis et ainsi malheureusement fortement accepté. (…) En tant que maire de cette ville, comme d’autres, je refuse de me taire et c’est ce refus qui doit nous imprégner, qui doit couler dans nos veines, qui doit contaminer nos communautés. Le début de la solution, je le crois, viendra de ce refus.» (...)

Lors de son allocution, M. Joël Lightbound, député de Louis-Hébert, a souligné le fait que l’attentat de London a réveillé au sein de la communauté musulmane de Québec «une peur avec laquelle personne au Canada ne devrait vivre, celle d’être attaqué en fonction de sa foi». Monsieur Lightbound croit qu’il faut «s’attaquer à la haine en ligne et à la radicalisation en ligne comme prochaine étape de la lutte contre l’islamophobie».

Notons également la présence à l’événement du député fédéral de Québec Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor, de la députée Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire, qui a fait la plaidoirie de l’amour au nom de notre humanité commune, et de son collègue de parti Sol Zanetti, député de Jean-Lesage.

Aymen Derbali, devenu tétraplégique après l’attentat de la Grande Mosquée de Québec, a condamné à son tour l’attaque de London «qui a décimé une famille entière de confession musulmane» en parlant d’une «attaque terroriste lâche et horrible».

Mihai Claudiu CRSTEA

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