Les personnes optimistes sont capables de chercher «les roses parmi les épines et non les épines parmi les roses». Cela les aide à être plus heureux dans la vie de tous les jours. (Photo: LIC)

L’OPTIMISME, UN PUISSANT MOTEUR VERS LA RÉUSSITE

Les optimistes disent vivre la vie «un jour à la fois». Ils distinguent la lumière, «alors que tout est sombre». Ils voient toujours le verre à moitié plein et ils cherchent «les roses parmi les épines et non les épines parmi les roses». Ils disent trouver «dans chaque journée de belles choses», car «tout n’est jamais totalement noir». Sans vivre pour autant «dans un monde illusoire de licornes ou de Calinours», cette attitude les aide à être plus heureux et à mieux réussir dans la vie que la majorité des personnes pessimistes.

Mihai Claudiu CRISTEA

Pourquoi je ne pouvais pas être un champion de l’optimisme…

«Qu’est-ce qu’on peut encore aimer / dans un siècle plein de machines / quand les ordinateurs peuvent déclencher / à la commande / la neige et la pluie.» C’est le début d’un beau poème publié par mon père, l’écrivain Tudor Cristea, une vingtaine d’années avant qu’il nous quitte sans préavis le 1er janvier 2019.

Je ne sais pas ce que mon père aurait dit ou écrit sur la pandémie. J’aime croire que tout en regardant «les camions de la salubrité transportant / sans bruit / en dehors de la ville / les derniers restes de mélancolie», il n’aurait jamais adhéré à la théorie du complot. Mais je n’en suis pas certain. J’étais souvent en opposition avec lui. Ce que je sais en revanche, c’est qu’avec un papa qui écrit des poèmes aussi tristes (même s’il avait paradoxalement un sens de l’humour très développé), je ne pouvais pas être un champion de l’optimisme…

De mon père, j’hérite la plume et le talent de raconteur, mais aussi le doute et la vision plutôt pessimiste sur la vie. Ma mère m’a transmis le courage, la débrouillardise, la persévérance, le sens critique, le franc-parler (parfois brutal) et, malheureusement, le rituel de compter à haute voix les bagages, les feux éteints de la cuisinière et les robinets, rituel devenu dans mon cas une obsession parfois inquiétante que les psychologues appellent TOC.

Connecté au monde du journalisme depuis plus de 25 ans, dont une dizaine en Roumanie, je vois la plupart du temps les nuages plutôt que le soleil et les éclaircies. Je me désole devant la moitié vide du verre plus que je me réjouis devant sa moitié pleine. Plusieurs années de suite, j’ai brûlé mes neurones en pensant au passé, au lieu de respirer le présent et de regarder avec confiance l’avenir.

L’hiver trop long, les nids-de-poule, les nombreux aliments sans date de péremption, les appartements en «carton» ainsi que les emplois de survie ont épuisé assez vite mes minces réserves d’optimisme avec lesquelles je suis arrivé au Québec en 2001. Ce qui m’a empêché de sombrer dans une dépression sans issue (au-delà des séances de psychothérapie, de multiples voyages entre le Québec et la Roumanie et du support constant de mon épouse), c'est la chance de pouvoir exercer mon métier de journaliste, même en sol québécois, dans une autre langue que la mienne.

J’ai heureusement trouvé à Québec des gens qui ont cru en moi et qui m’ont aidé à vivre mon rêve à temps plein. Cela ne m’a pas transformé pour autant en optimiste, car les rêves accomplis sont souvent associés à un prix à payer. Dans mon cas, c’était celui d’accepter le fait que je ne deviendrai jamais riche. (...)

J’estime pourtant qu’au Québec, on pratique un optimisme de façade, cultivé par l’omniprésente question «ça va bien?», devenue presque une formule de salut qui exclut d’emblée toute réponse négative. Cette question-refrain fait place parfois à des réponses que j’estime hypocrites ou même indécentes, comme «ça va super bien!», surtout en temps de pandémie. Je crois en revanche que les optimistes par excellence, les vrais, dont quelques-uns font partie de mon entourage et de mes partenaires, sont incomparablement plus heureux que moi.

Mihai Claudiu CRISTEA

Lisez plus dans l'édition de mars imprimée

« L’optimisme m’a permis de voir la lumière au bout du tunnel »

Si quelqu’un me posait aujourd’hui les questions suivantes: «Êtes-vous une personne optimiste? Êtes-vous une personne qui voit toujours le bon côté des choses? Êtes-vous une personne positive?» Eh bien, en toute connaissance de cause, je lui répondrais: «Je le suis!» Impossible de le cacher, de le dissimuler, de l’étouffer. Peu importe les circonstances, ce sentiment d’espoir, de confiance en l’avenir émane de moi, fait surface sans même me demander la permission.

Je suis certes une de ces personnes qui va toujours de l’avant, qui ne baisse jamais les bras face aux imprévus, qui ne recule jamais face aux obstacles qui se retrouvent sur son chemin; une de ces personnes qui n’hésite pas à agir, qui pense que ce n’est qu’en agissant qu’on peut changer les choses et que chaque petite action peut faire toute la différence.

Nous vivons tous, depuis plus d’un an, une situation très éprouvante, emprisonnés par une pandémie qui nous cloue, nous isole, nous anéantit. Pourtant, malgré toutes les incertitudes et les inquiétudes à ce sujet, nous avons été rassemblés majoritairement par cette phrase qui restera à tout jamais gravée dans notre mémoire: «Ça va bien aller». Ce mot d’espoir nous faisait penser qu’il ne s’agissait que d’une condition temporaire, de circonstances exceptionnelles, et que tout finirait par rentrer dans l’ordre.

Je me demande souvent pourquoi c’est si naturel en moi de voir ce qu’il y a de positif alors que les autres ne voient que le négatif. Je distingue la lumière, alors que tout est sombre. Des fois, j’ai peur que les gens pensent que je suis naïve, comme si je ne comprenais pas que tout n’est pas rose dans la vie. À vrai dire, même dans la situation la plus sombre, un mécanisme intrinsèque se déclenche automatiquement en moi. C’est ainsi que mon esprit au complet se met en mode solution, et, inconsciemment, je n’aperçois que les différentes issues possibles plutôt que les embûches.

Au cours de ma vie, j’ai vécu des événements très douloureux et pénibles. J’aurais pu facilement me laisser effondrer, sombrer dans les pénombres de la douleur, de la solitude, du désespoir. Évidemment, c’est le chemin le plus facile. Cependant, c’est cette inexplicable force intérieure m’ayant toujours éclairée, qui m’a permis de voir la lumière au bout du tunnel et d’en ressortir plus forte, prête à me battre contre vents et marées, prête à déplacer des montagnes si cela s’avérait nécessaire, même à déménager à l’autre bout du monde…

Bref, lorsqu’on dit que quand une porte se ferme, une autre s’ouvre, j’y crois fermement, l’ayant moi-même vécu à moult reprises. À quoi bon vivre en se lamentant, en se laissant morfondre au lieu de se battre pour obtenir ce que l’on veut, pour accomplir ses rêves? Selon ma philosophie, mieux vaut essayer (même si on ne réussit pas) que de laisser filer sa vie en regrettant de n’avoir rien fait. (…) Il y aura sûrement des défaites, mais rien de comparable au sentiment de fierté qu’on ressent lorsqu’on accomplit nos rêves, lorsqu’on atteint nos objectifs.

Karina SATRIANO, traductrice agréée membre de l’OTTIAQ, collaboration spéciale

Lisez plus dans l'édition de mars imprimée

L'édition imprimée
no. 184, Mars 2021
3 000 exemplaires. 24 pages.
Disponible dès maintenant.
Voir les points de distribution

Mois de l'histoire des Noirs: ÉCOUTER LES JEUNES DES COMMUNAUTÉS NOIRES

Qui aurait pu imaginer un jour que toute une série d’événements d’envergure comme ceux inscrits chaque année à la programmation du Mois de l'histoire des Noirs seraient totalement virtuels? Et pourtant, à cause de la pandémie, cette année, cela a été le cas. Alors que plusieurs organisations ont pris la décision de reporter leurs événements, la Table de concertation du Mois de l'histoire des Noirs de Québec (TC-MHNQ) a décidé de relever le défi de tenir la célébration du MHNQ 2021, même en situation de pandémie.

Nous sommes fiers d’avoir réussi à offrir à Québec en février dernier l’équivalent de 36 jours d’activités sur 28 jours grâce au partenariat avec les membres de la TC-MHNQ. Nous avions choisi le thème de la jeunesse cette année pour faire honneur à ces jeunes des communautés noires qui essaient de bâtir leur vie tous les jours. (...)

C’était un mois pendant lequel nous avons eu la chance d’entendre les jeunes afro-descendants avec leurs convictions et leurs visions. Ils ont été surprenants tant par leurs positions face aux solutions pour éradiquer le racisme que leur lâcher-prise sur ce qu’ils appellent les «microagressions» vécues au quotidien. Leur rencontre avec la jeunesse autochtone a confirmé certaines similitudes dans leur combat quotidien. (...)

Parmi les activités phares du Mois de l’histoire des Noirs à Québec, je pense avant tout au Sommet de la jeunesse et à la Table ronde de la jeunesse autochtone et noire qui nous ont amené de vibrantes émotions. C’était des preuves incontestables que la diversité est une véritable richesse pour le Québec.

Au-delà des barrières générées par la pandémie, ce dernier mois de février nous a démontré pleinement qu’il y a de l’espoir pour le vivre-ensemble. Cet espoir vient surtout de nos jeunes issus de l’immigration, dynamiques et pleins de convictions. Ils sont brillants et ils savent bien comment procéder pour avoir une vie meilleure que leurs propres parents au Québec: l’engagement citoyen pour développer une proximité avec la société québécoise et l'éducation comme moyen de sensibilisation à l'acceptation de la différence.

Lysiane RANDRIA, présidente de la Table de concertation du Mois de l'histoire des Noirs de Québec

Lisez plus dans l'édition de mars imprimée

La rage au volant revient en force à Québec

Les rues presque désertes auxquelles nous nous sommes habitués durant la pandémie de COVID-19 sont chose ancienne surtout avec le début du déconfinement et le passage de la région de Québec du rouge à l’orange. De plus, l’arrivée hâtive du printemps a réveillé les vieux démons de plusieurs possesseurs de véhicules hyper puissants dérangés par l’habitude de la majorité de rouler à la vitesse maximale légale. Souvent possesseurs de gourmands bolides 4 x 4 (qu’ils appellent fièrement «mon camion» ou «mon pick-up»), mastodontes parfois jusqu’à sept fois plus puissants qu’une petite auto, certains de ces conducteurs souffrent à différents degrés de rage au volant.

Après le long confinement imposé par les autorités, les enragés du volant recommencent à se coller de nouveau dangereusement à nos pare-chocs arrière autant sur les routes que sur les autoroutes de Québec. «Tellement pressé d’aller nulle part», comme le dit si bien une récente chanson en vogue des Cowboys fringants, le pied lourd sur l’accélérateur, chacun d’entre eux se croit probablement pilote de Formule 1 dans un monde d’escargots.

Le phénomène de la rage au volant risque de faire beaucoup de victimes innocentes ce printemps et l’été prochain partout au Québec. La conduite agressive est déjà visible et presque palpable sur les routes de Québec. Espérons que les policiers du SPVQ et ceux de la Sûreté du Québec interviennent rapidement pour calmer les ardeurs des enragés déchaînés avant qu’il ne soit trop tard.

Rappelons que le comportement sain à adopter si vous êtes exaspéré sur la route par un autre conducteur qui vous presse d’aller plus vite (au-delà de la vitesse permise), qui vous coupe dangereusement la voie ou qui fait semblant de vous frapper avec sa voiture, c’est de garder votre calme. Dans un autre article publié dans nos pages au sujet de la rage au volant, le capitaine Jean-François Vézina, responsable des communautés culturelles au Service de Police de la Ville de Québec, insistait sur le fait qu’on doit toujours garder son sang froid et surtout éviter le conflit avec l’autre conducteur qui nous «pousse» à aller plus vite.

Freiner intentionnellement pour «punir» le conducteur qui nous irrite peut générer un accident avec de graves conséquences. Changer de voie pour le laisser passer et noter (discrètement!) le numéro de plaque de l’autre conducteur, pour ensuite appeler au 911, sont les meilleures choses à faire dans les circonstances.

Mihai Claudiu CRISTEA

Lisez plus dans l'édition de mars imprimée