Dimanche de Pâques horrible au Sri Lanka. Plus de 300 personnes tuées
dans une série d’attentats terroristes anti-chrétiens. Solidaires avec les familles des victimes!
Visiblement heureuses de leur réussite, les finissantes ont reçu des attestations et des cadeaux-surprises. (Photo: Jepherson Guillaume)

Elles ont fini par briser les murs de l’isolement

Le 15 février 2019, les participantes de la troisième cohorte du projet «Réactive-toi/Valorise-toi» du Centre R.I.R.E 2000 ont reçu les attestations qui confirment la réussite de leur parcours de remise en action destiné aux femmes immigrantes allophones éloignées du marché du travail et vivant en situation d’isolement social. Après une formation de 44 semaines qui leur a permis d’améliorer leur français ainsi que leur savoir-être et leur savoir-faire dans le contexte québécois, les six finissantes ont toutes réussi à dénicher un emploi. (M.C. CRISTEA)

Les immigrants doivent se poser les bonnes questions avant de retourner aux études au Québec

Lors de leur arrivée au Québec, nombreux sont les immigrants à se diriger vers les études. Mais le retour aux études est-il la meilleure solution? Pas toujours.

Salima (nom fictif) était enseignante en Algérie. Au Québec, elle vise un poste d’éducatrice en service de garde. Elle s’est donc inscrite à la maîtrise en éducation. À la fin de son programme, elle s’est vu refuser les postes voulus car le diplôme demandé pour ce type d’emploi est de niveau professionnel, pas universitaire. Elle n’avait donc pas entrepris les études adéquates.

Paul (nom fictif) est informaticien, titulaire d’un brevet de technicien supérieur dans son pays d’origine. En souhaitant se rendre plus compétitif auprès des employeurs, il fait une formation québécoise en informatique. Au terme de son programme, il constate qu’il aurait pu facilement dénicher un emploi avec son diplôme du pays. Maintenant, il est surqualifié et de plus, ça fait déjà deux ans qu’il n’a pas pratiqué sur le terrain, ce qui ne plaira pas aux employeurs. (…)

Au Québec, ce sont les expériences et les attitudes qui priment et non les diplômes universitaires. L’accumulation de ces derniers ne sera donc pas une valeur ajoutée, contrairement à la façon de faire habituelle dans d’autres pays.

C’est également une fausse croyance qui circule que le diplôme québécois soit toujours nécessaire pour trouver un emploi. Dans bien des cas, il est vrai que l’évaluation comparative de diplôme peut rassurer les employeurs, mais c’est plutôt en démontrant aux recruteurs que vos compétences sont celles recherchées au Québec que vous aurez des résultats.

Si vous constatez qu’il vous manque certaines compétences pour accéder au poste visé, c’est effectivement une option de retourner aux études. Il faut cependant bien choisir sa formation! Faire une maitrise pour un poste de technicien? Ce n’est pas approprié. Vous spécialiser dans un domaine qui n’est pas en demande? Cela vous nuira. Le mot d’ordre? Renseignez-vous! Quelles sont les perspectives d’emploi dans ce domaine? Quels sont les profils recherchés? Quelles sont les compétences manquantes? (…) Ainsi, avant de retourner aux études, il faut d’abord se poser les bonnes questions pour éviter les déceptions et les pertes, que ce soit de temps, d’argent ou d’énergie.

Anaïs NADEAU, conseillère auprès des personnes immigrantes, Option-travail

Un événement «historique» pour honorer les députés noirs de l’Assemblée nationale

Le 21 février dernier, à LaScène Lebourneuf, le Centre R.I.R.E 2000 et l’Association haïtienne de Québec nous ont proposé dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs une soirée-reconnaissance hors de l’ordinaire dédiée aux cinq députés noirs qui siègent actuellement à l’Assemblée nationale du Québec. Il s’agit de Dominique Anglade, Nadine Girault, Lionel Carmant, Frantz Benjamin et Christopher Skeete.

Plus de 150 personnes de toutes origines ont participé à la soirée-reconnaissance «Fellow Du monde à connaître» qui a eu lieu sous le thème «Ces modèles noirs qui nous inspirent». Le directeur général du Centre R.I.R.E. 2000, M. Benoît Songa, nous a parlé d’un événement inspirant et sans précédent au Québec. «Le parcours des députés noirs que nous avons honorés est un parcours inspirant. Mais c’est un parcours d’implication. Ils ont commencé leur vie politique comme bénévoles. Ils ont réussi grâce à leur détermination. Leur réussite n’est pas tombée du ciel. Ils se sont investis. Et c’est en ce sens-là qu’ils nous inspirent», nous a déclaré en exclusivité M. Songa.

Pour celui qui a eu l’idée de l’événement, le président de l’AHQ Charles Madet, c’était une soirée «historique» et justifiée par le paysage politique généré par les élections provinciales du 1er octobre dernier. «C’est la première fois qu’il y a quatre députés noirs d’origine haïtienne à l’Assemblée nationale», affirme avec fierté M. Madet.

Lors de son discours, le député de Taillon et ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, M. Lionel Carmant, a rappelé aux spectateurs, provenant majoritairement des communautés culturelles, que le Québec est aussi leur maison.

Dominique Anglade, Haïtienne d’origine et députée libérale de Saint-Henri–Sainte-Anne, a souligné l’importance d’être fier de ses racines. Selon Mme Anglade, «il y a différentes manières d’être Québécois, mais être différent est une richesse pour la société de demain».

Christopher Skeete, député caquiste de Sainte-Rose, est venu au monde d’une mère québécoise et d’un père trinidadien. «Je dois affirmer haut et fort le fait que je suis Noir et je suis un homme noir très fier. Je m’identifie comme étant Noir, car la diaspora noire m’a toujours appelé frère et la communauté haïtienne québécoise m’a toujours appelé frè», a confié M. Skeete durant son allocution.

Camille GARON avec la collaboration de M.C. CRISTEA
L'édition imprimée
no. 161, Mars 2019
3 000 exemplaires. 20 pages.
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