Irène Dallaire (à gauche sur la photo) et Sylvie Dallaire, une rencontre providentielle écrite quelque part dans les étoiles… (Photo: LIC)

Adoptée à l’âge de 32 ans par une Québécoise «de souche»

Dans le cadre de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles, le Centre R.I.R.E. 2000 nous a fait découvrir le 7 novembre 2019 deux femmes exceptionnelles : la jeune d’origine rwandaise Irène Dallaire (dont la famille a été décimée durant le génocide de 1994) et sa mère adoptive Sylvie Dallaire, Québécoise d’origine. C’est l’histoire touchante et hors du commun d’une amitié sans barrières culturelles transformée petit à petit en amour. Le jour de son adoption officielle, Irène avait 32 ans.

Mihai Claudiu CRISTEA

«On ne détruit pas du jour au lendemain ce que les gens ont mis des années à construire!»

Dans quelques semaines, Sabine (nom fictif) finira ses études universitaires à Québec. Tombée en amour pour la capitale, elle avait pris cette année la décision de faire une demande de Certificat de sélection du Québec (CSQ) à la fin de ses études universitaires dans le cadre du Programme d’expérience québécoise (PEQ) pour obtenir sa résidence permanente et intégrer le marché du travail.

Le 30 octobre 2019, comme d’autres milliers d’étudiants étrangers du Québec, la jeune étudiante de Québec a eu tout un choc en apprenant que sa formation en sol québécois ne lui donnait plus le droit de bénéficier du parcours accéléré d’immigration en vertu du PEQ. Son programme d’études ne se trouvait plus sur la liste de diplômes admissibles selon le gouvernement du Québec. Cette liste (qui s’est avérée dépassée et peu en phase avec les besoins actuels du marché du travail) a finalement été retirée le 8 novembre 2019 par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration après un tir concerté de critiques lancées pendant une semaine d’un bout à l’autre du Québec.

Même si le gouvernement a reculé une première fois en ajoutant une clause «grand-père» pour tous les étudiants étrangers qui se trouvaient déjà au Québec avant le 1er novembre 2019 et a retiré temporairement sa liste à la suite de la grogne populaire des étudiants, des universités, des cégeps, des centres de formation professionnelle et de nombreux acteurs économiques du Québec, Sabine est loin d’être rassurée. «Le mal est fait. Ma confiance dans les autorités du Québec est brisée. On ne détruit pas du jour au lendemain ce que les gens ont mis des années à construire. Je me suis sentie comme poignardée. On ne poignarde pas quelqu’un pour ensuite s’excuser. J’ai vécu une grande inquiétude plusieurs jours de suite quant à mon avenir au Québec. Pratiquement, si le gouvernement n’avait pas reculé, j’aurais dû quitter le Québec peu après la fin de mes études, au début de 2020», a déclaré en exclusivité pour «Les immigrants de la Capitale» la jeune étudiante de Québec. (Mihai Claudiu CRISTEA)

Esprit haïtien, karaté et tango interculturel

Le 16 novembre 2019, au Centre communautaire Noël-Brulart, dans l'arrondissement de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge, l’Association haïtienne de Québec (AHQ) nous a proposé une soirée tout simplement dépaysante. Pour quelques heures, plus de 150 Haïtiens de Québec et des Québécois de plusieurs origines ont eu droit à une série de surprises concoctées par l’ex-président de l’AHQ, M. Charles Madet, et son équipe. M. Madet a même abandonné pour une quinzaine de minutes son élégant habit de gala pour enfiler celui plus léger d’instructeur de shotokan au Club de karaté de Sainte-Foy, accompagné par ses jeunes et moins jeunes élèves. «Il s’agit d’une première dans nos soirées. Je voulais que les enfants et les parents que j’entraîne depuis trois ans puissent partager leur passion pour le karaté avec la communauté haïtienne de Québec et avec les Québécois en général», nous a confié en exclusivité M. Charles Madet après l’impressionnante démonstration.

Organisée par l’Association haïtienne de Québec avec la collaboration de la Ville de Québec, du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration et du Centre R.I.R.E. 2000, la soirée a fait vibrer l’âme haïtienne grâce à un extrait du livre «L’odeur du café» de Dany Laferrière, lu par de jeunes enfants.

L’événement, animé avec désinvolture par la jeune d’origine haïtienne Marchline Darha Elie, nous a donné la chance d’admirer sur scène le talent et l’amour profond pour le tango argentin du duo interculturel Claude Pierre-Antoine (originaire d’Haïti) et Vanita Angosse-Monteillet (originaire de France) de l’école Passion tango de Québec.

Le chanteur latino Rusdell et le DJ Biggy Mix ont accompli avec succès leur rôle de nous faire oublier le frette et la neige de novembre dignes d’un mois de janvier. Plusieurs participants à la soirée ont d’ailleurs troqué sans hésiter la classique file d’attente du repas pour le ring de danse.

Mihai Claudiu CRISTEA
L'édition imprimée
no. 169, Novembre 2019
3 000 exemplaires. 20 pages.
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